Le Secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), Mgr Donatien Nshole, a été confronté lundi à une contradiction historique lors d'un Space live organisé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala. Un auditeur, lui a rappelé que l'Église catholique avait boycotté le référendum constitutionnel de 2005 ayant conduit à l'adoption de la Constitution du 18 février 2006, qu'elle défend aujourd'hui comme intouchable.
Citant une déclaration de l'ancien président Joseph Kabila selon laquelle « l'Église était absente » lors de ce scrutin, l'auditeur a posé la question : « Qui vous a donné le droit de défendre comme intouchable aujourd'hui un texte que vous n'avez pas jugé utile d'expliquer aux Congolais en 2005 ? »
Mgr Nshole a rejeté cette lecture, accusant son interlocuteur d'être « victime de la manipulation ». Il a cité trois paragraphes d'un message publié par le Comité permanent des évêques le 4 mars 2006, trois semaines après la promulgation de la Constitution.
Le paragraphe 7 félicitait la population pour sa participation au référendum, le paragraphe 14 exprimait des regrets sur « l'insuffisance de la sensibilisation du peuple », le paragraphe 24, au cœur de la controverse, recommandait au Parlement d'examiner d'éventuels amendements « conformément au prescrit de la Constitution », en référence aux articles 218 et 220.
"Vous êtes vraiment victime de la manipulation. En 2005, l'Église n'avait pas donné un mot d'ordre. L'Église a sorti, par le Comité permanent des évêques, un message trois semaines après la promulgation de la Constitution, le 8 février 2006. Dans ce message, il y a trois paragraphes qui révèlent l'attitude de l'Église par rapport à cette Constitution. Le paragraphe 7 félicite la population pour sa mobilisation. Le paragraphe 14 exprime des regrets sur l'insuffisance de la sensibilisation du peuple au projet de la Constitution et le manque de débat de fond sur certaines dispositions constitutionnelles. Quant au paragraphe 24, qui fait l'objet de manipulations, il recommande simplement au Parlement d'examiner des propositions d'amendements conformément au prescrit de la Constitution, en citant les articles 218 et 220. Est-ce que ça, c'est vraiment contre la Constitution ? C'est la manipulation.", a-t-il déclaré.
Mgr Nshole a annoncé la publication prochaine d'un communiqué officiel pour clarifier la position historique de la CENCO sur ce dossier.