Assemblée nationale : la Conférence des présidents se réunit avant l'ouverture d’une session extraordinaire

Photo d'illustration
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Le bureau de l’Assemblée nationale a convié les députés membres de la Conférence des présidents à une réunion ce mardi 23 juin au Palais du Peuple, siège du Parlement en République Démocratique du Congo. Selon le communiqué signé par le Rapporteur de l’Assemblée nationale, Jacques Djoli Eseng’Ekeli, plusieurs points sont inscrits à l’ordre du jour de cette rencontre entre élus nationaux

Les participants procéderont d’abord à l’adoption de l’ordre du jour avant de suivre la communication du Président de l’Assemblée nationale Aimé Boji Sangara. La réunion examinera ensuite le calendrier des travaux de la session extraordinaire de juin 2026, dont l’adoption figure parmi les principales attentes.

Cette étape intervient après la clôture officielle de la session ordinaire de mars, le 15 juin dernier. Lors des cérémonies de clôture organisées respectivement à l’Assemblée nationale et au Sénat, les présidents des deux chambres du Parlement, Aimé Boji Sangara et Sama Lukonde Kyenge, avaient invité les députés et sénateurs à demeurer disponibles en prévision de la convocation prochaine d’une session extraordinaire destinée à examiner et adopter plusieurs matières législatives jugées urgentes.

Si les matières qui seront inscrites à l’ordre du jour de cette session extraordinaire n’ont pas encore été officiellement rendues publiques, plusieurs dossiers majeurs pourraient être soumis à l’examen du Parlement. Il s’agit notamment du projet de loi d’habilitation du gouvernement, déjà adopté en Conseil des ministres, ainsi que du projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026. Ce texte a déjà franchi une étape importante à l’Assemblée nationale où il a été déclaré recevable avant d’être transmis à la Commission économique et financière (ÉCOFIN) pour examen approfondi. Après son adoption éventuelle en plénière, le texte devra être envoyé au Sénat pour une seconde lecture, conformément à la procédure législative, avant sa promulgation par le chef de l’État.

Par ailleurs, cette session extraordinaire va se tenir dans un contexte marqué par les préoccupations sécuritaires persistantes dans l’Est de la République démocratique du Congo. Le 13 juin dernier, les députés nationaux élus du Nord-Kivu et de l’Ituri avaient annoncé la suspension de leur participation aux travaux de l’Assemblée nationale, y compris à une éventuelle session extraordinaire, pour dénoncer l’absence de débat parlementaire sur la situation sécuritaire dans leurs provinces.

Au nom de ses collègues, le député national Daniel Furaha Uma, élu de Mahagi en Ituri, avait estimé que la gravité de la crise dans l’Est du pays ne bénéficiait pas de l’attention qu’elle mérite au sein de l’hémicycle. Les élus concernés réclament notamment un débat approfondi sur l’état de siège, en vigueur depuis cinq ans, ainsi que de l’activisme de la rébellion AFC/M23 appuyée par le Rwanda.

Pour ces députés, il est indispensable que l’Assemblée nationale se saisisse de ces questions afin d’aboutir à des résolutions fortes susceptibles de contribuer à la restauration de la paix et à la protection des populations civiles victimes des violences armées dans l’Est du pays. Il reste à savoir si les questions sécuritaires figureront parmi les matières qui seront retenues pour cette session extraordinaire, une éventualité qui pourrait favoriser le retour des élus du Nord-Kivu et de l’Ituri aux travaux parlementaires.

Conformément aux usages parlementaires, la date officielle d’ouverture de cette session extraordinaire devrait être fixée à l’issue d’une décision conjointe des présidents des deux chambres du Parlement, Aimé Boji Sangara et Sama Lukonde Kyenge.

Clément MUAMBA