À Kamilombe, dans le quartier Kapata à Kolwezi, l’exploitation artisanale du cuivre et du cobalt attire chaque jour de nombreux creuseurs, femmes et négociants. Sur ce remblai minier, l’activité ne désemplit pas. Mais au cœur de cette dynamique économique, une réalité alarme les observateurs : la présence persistante d’enfants sur un site pourtant considéré comme hautement risqué.
Sur place, ces mineurs évoluent au milieu des exploitants artisanaux, dans un environnement marqué par des excavations ouvertes, des amas de terre instables et une activité permanente. Une situation qui soulève de sérieuses préoccupations en matière de protection de l’enfance.
Lors d’une descente sur le site, la bourgmestre de la commune de Dilala, Françoise Mangweji Kuwaha, a tiré la sonnette d’alarme. Elle a constaté la présence d’enfants dans cette zone d’exploitation artisanale et a dénoncé une situation qu’elle juge incompatible avec les exigences de sécurité et de protection des mineurs.
Pour Françoise Mangweji Kuwaha, ces enfants sont exposés à des risques multiples. Le remblai de Kamilombe présente en effet des dangers permanents, notamment les risques d’éboulement, les blessures liées aux activités de creusement, ainsi que l’instabilité des sols fortement exploités.
À ces menaces s’ajoutent les excavations réalisées à proximité des pylônes électriques qui traversent la zone de Kapata. L’autorité communale estime que ces travaux anarchiques pourraient fragiliser les infrastructures électriques et provoquer des incidents aux conséquences graves, tant pour les exploitants que pour les populations environnantes.
Dans ce contexte, la responsabilité de la coopérative minière CMDS est directement engagée. Elle est appelée à mieux encadrer les activités sur le site et à faire respecter strictement les règles d’exploitation artisanale, notamment en interdisant l’accès des enfants aux zones de travail.
Malgré les rappels répétés, la présence de mineurs sur le remblai de Kamilombe continue d’interpeller. Pour Françoise Mangweji Kuwaha, il est urgent de renforcer la discipline sur le site et de mettre fin à une situation qui expose inutilement les enfants à des dangers évitables.
Au-delà des enjeux économiques liés à l’exploitation du cuivre et du cobalt, la question de la protection des enfants demeure centrale. À Kamilombe, elle s’impose désormais comme un test de responsabilité pour les acteurs impliqués dans la gestion et l’encadrement de l’activité minière artisanale.
Timothée Prince ODIA