Recensement en RDC : Guylain Nyembo rappelle qu’il s’agit d’une opération purement scientifique au service du développement et non un préalable aux élections

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Alain Akpadji, Représentant de l'UNFPA en RDC et Guylain Nyembo Mbwizya, Ministre du Plan

Alors que sous le régime de l'ancien président de la République Joseph Kabila, l'intégration du recensement dans la loi électorale comme condition préalable à l'organisation des élections avait été envisagée avant que les manifestations de l'opposition ne poussent le Parlement à faire marche arrière, le ministre d'État, ministre du Plan et de la Coordination de l'aide au développement rassuré que le Recensement général de la population et de l'habitat (RGPH2) initié par le gouvernement n'a aucun lien avec un quelconque processus électoral en République démocratique du Congo.

Au cours d'une conférence de presse conjointe avec le représentant résident de l'UNFPA tenue lundi 1er juin 2026 à l'occasion du lancement officiel du recrutement des agents qui participeront aux opérations de cartographie censitaire du deuxième Recensement général de la population et de l'habitat, Guylain Nyembo a souligné que cette démarche s'inscrit dans un cadre purement scientifique et de développement, et non dans une logique politique.

"Je vous ai dit ici que le recensement, il faut qu'on puisse nous décharger du poids politique parce-que le recensement est une opération purement scientifique pour servir le développement, Il y a toujours des amalgames, mais retenez que, dans le cadre du recensement, il ne sera pas délivré de cartes d'identité ni de cartes d'enrôlement. Il s'agit simplement de recueillir les informations de toute la population afin d'assurer une meilleure gouvernance de notre pays, ce n'est donc pas un préalable aux élections. La preuve d'ailleurs, vous savez qu'il y a eu plusieurs élections depuis 1984 alors qu'aucun recensement n'a été réalisé durant cette période", a déclaré le Ministre d'État Guylain Nyembo Mbwizya.

Appuyant son argumentaire, l'ancien directeur de cabinet du président de la République a précisé que le calendrier du recensement a été conçu de manière à permettre l'achèvement de l'opération avant les échéances électorales de 2028. Selon lui, cette planification vise à éviter toute confusion ou tout rapprochement entre le Recensement général de la population et de l'habitat et le processus électoral.

"Il ne s'agit donc ni d'une excuse ni d'un quelconque prétexte pour les élections. En plus de cela, vous constatez que, dans notre calendrier, nous avons l'ambition de boucler le recensement avant les élections. L'échéance prévue est fixée à fin 2027, après les différentes analyses et traitements nécessaires donc pour laisser la période prévue pour les élections voilà pourquoi nous accélérons également notre calendrier pour protéger ça des embrouilles politiques", a ajouté Guylain Nyembo Mbwizya.

Répondant aux préoccupations relatives aux territoires affectés par les conflits armés, notamment dans l'Est du pays, le membre du gouvernement a assuré que toutes les solutions techniques et logistiques seront mobilisées pour garantir le succès de l'opération.

"S’agissant des zones confrontées à des difficultés sécuritaires, il n’y a pas uniquement l’Est du pays. Il existe également d’autres poches d’insécurité. Nous utiliserons tous les moyens disponibles, notamment les technologies satellitaires ainsi que l’appui de nos partenaires", a-t-il déclaré.

Pour illustrer la faisabilité de l'opération, Guylain Nyembo a rappelé l'organisation des examens d'État sur l'ensemble du territoire national malgré des contextes sécuritaires parfois difficiles. Le ministre a surtout insisté sur la nécessité de dissocier le recensement des débats politiques.

"Le recensement n’est pas une opération politique. Il n’a rien à voir avec la politique. Il s’agit d’une opération de développement. Le développement concerne tout le monde, quelles que soient les appartenances ou les sensibilités. Il s’agit du même territoire et de la même population que nous devons gérer et développer", a-t-il souligné, annonçant une vaste campagne de sensibilisation destinée à favoriser la participation des populations.

Selon lui, la réussite du recensement permettra d'améliorer considérablement la qualité des données statistiques du pays et, par conséquent, la gouvernance publique. 

"Toute personne appelée à gérer ce pays aura besoin de données fiables. Une meilleure qualité des données contribuera directement à l’amélioration de la gouvernance du pays", a-t-il expliqué. 

Au-delà des enjeux nationaux, Guylain Nyembo a rappelé que la RDC doit également répondre à plusieurs engagements internationaux, notamment ceux liés à l'Agenda 2030 des Nations unies et à l'Agenda 2063 de l'Union africaine.

Cette étape, considérée comme la deuxième des quatre phases prévues du processus, fait suite à l’organisation de la table ronde des partenaires. L’objectif principal de cette rencontre était d’obtenir un engagement ferme de l’ensemble des parties prenantes en faveur de la mobilisation d’un financement adéquat, prévisible, suffisant et durable, afin d’assurer une réponse coordonnée et efficace aux enjeux démographiques ainsi qu’à l’organisation du RGPH-2.

Pour le gouvernement, le coût global des opérations, estimé à 192 millions de dollars américains, constitue un défi majeur dans le contexte budgétaire actuel. Le financement du déficit restant pour achever le processus demeure tributaire de la mobilisation de ressources additionnelles auprès des partenaires techniques et financiers. C’est dans cette optique qu’est envisagée la mise en place d’un « Basket Fund », un mécanisme destiné à canaliser l’ensemble des contributions dans un fonds unique exclusivement consacré au financement des activités du RGPH-2.

La République démocratique du Congo entend ainsi réaliser enfin un recensement général de sa population, plus de quarante ans après celui de 1984. Cette opération figure également parmi les promesses formulées par Félix Tshisekedi avant son accession à la magistrature suprême.

Clément MUAMBA