Kolwezi : plus de place pour les morts à la morgue de l’hôpital général de Mwangeji en panne, des corps en décomposition

Lualaba. Visuel ACTUALITE.CD
Lualaba. Visuel ACTUALITE.CD

La morgue de l’hôpital général de référence de Mwangeji de Kolwezi traverse une période critique. Depuis près de deux mois, sa chambre froide est en panne, une situation qui a entraîné la saturation des capacités de conservation des corps et compliqué davantage le fonctionnement de cette infrastructure mortuaire.

À l’intérieur des installations, 11 dépouilles en état de décomposition sont encore conservées. S’y ajoute le corps d’un ressortissant chinois dont l’incinération n’a pas encore été réalisée. Cette accumulation rend difficile la gestion quotidienne de la morgue et retarde les travaux nécessaires de remise en service de la chambre froide.

Les familles endeuillées figurent parmi les premières victimes de cette situation. Faute d’espace, la morgue de Mwangeji n’accepte plus de nouvelles admissions. Les proches des défunts sont désormais contraints de recourir à d’autres structures de conservation, notamment à Lualaba Mupanja, situé à une trentaine de kilomètres de Kolwezi, ou encore dans la cité de Kapata.

Dans une ville en pleine croissance comme Kolwezi, cette situation relance le débat sur l’insuffisance des infrastructures mortuaires et leur capacité à répondre aux besoins de la population.

Préoccupée par cette crise, la société civile appelle les autorités à investir dans la construction de nouvelles morgues. Pour Léonard Zama, membre de l’Initiative pour la protection des droits de l’homme et la réinsertion sociale (IPDHOR), il devient urgent de renforcer les capacités d’accueil des infrastructures mortuaires de la ville.

« Nous demandons aux autorités de construire davantage de morgues dans la ville. Aujourd’hui, nous ne disposons pratiquement que de la morgue de Mwangeji. Non seulement elle est saturée, mais elle dégage également une odeur insupportable en raison de la situation actuelle.

Les familles sont désormais contraintes de parcourir de longues distances pour conserver les corps de leurs proches. Certaines doivent se rendre à Mupanja, situé à plus de 30 kilomètres de Kolwezi, ou encore à Kapata, avant de ramener les dépouilles en ville le jour de l’inhumation. Cela entraîne des dépenses supplémentaires importantes.

Pourtant, Kolwezi compte des autorités provinciales, urbaines et communales. La ville devrait disposer de plusieurs morgues capables de répondre aux besoins de la population. »

En attendant la réparation de la chambre froide et le désengorgement des installations, les familles continuent de faire face à de nombreuses difficultés pour la conservation des dépouilles. À Mwangeji, les portes de la morgue demeurent fermées à toute nouvelle admission.

Timothée Prince ODIA