Intervenant mardi lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, Fred Bauma a apporté son regard sur la situation actuelle des droits de l'homme en RDC. Sur le climat général, son constat est sans ambiguïté : « Les gens vivent en ce moment, y compris dans des zones non occupées, dans la peur. Il y a un environnement répressif. Il y a une intolérance qui grandit. »
Il appelle la société civile à en tirer les conséquences : « Nous devons dénoncer cette situation comme nous le faisions du temps du président Kabila, parce qu'il en va de notre crédibilité de rester constant sur nos lignes. Les accusations portées contre certaines personnes aujourd'hui ne sont pas différentes des accusations qui étaient portées contre nous hier. »
Ancien détenu, il établit un parallèle entre les pratiques d'hier et d'aujourd'hui, citant le cas du jeune militant Nathanaël Onokomba : « Les questions qu'on lui pose sont les mêmes questions qu'on aurait pu poser à Christopher Ngoy lorsqu'il était arrêté et tenu au secret. Les accusations de subversion, c'est des accusations qu'on nous a portées à nous tous. On ne doit pas normaliser cela. »
Il interpelle également ses aînés défenseurs des droits de l'homme sur le sort des citoyens sans réseau de protection : « Ce n'est pas tout le monde qui a le numéro de Paul Nsapu, du professeur Muteba ou de Jean-Claude Katende. Qu'est-ce qu'on fait pour ces gens-là qui n'ont personne à qui appeler et qui n'attendent que la loi pour les protéger ? Lorsque la loi ne peut pas les protéger, lorsque les gens ont peur de s'exprimer, ont peur de parler, alors nous échouons. »
Son intervention se conclut sur deux exigences de redevabilité. Sur le massacre de Makala en septembre 2024 : « Des centaines de personnes ont probablement été tuées, des femmes ont été violées. Le rapport d'enquête n'a jamais été publié, alors que le gouvernement avait promis et mis en place une équipe pour le publier. Où est-ce qu'on en est avec ce massacre-là ? » Sur le Conseil national de cybersécurité : « Lorsqu'on l'évoque, tout le monde tremble. Je ne pense pas que ça procède de l'état de droit. »