La contestation du changement de constitution retrouve sa phase de rue. Ce jeudi, la situation était tendue dans la commune de Masina (district de Tshangu), dans l’est de Kinshasa où des jeunes se réclamant de l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (Ecide), le parti de l’opposant Martin Fayulu, brièvement paralysé dans l’avant-midi une portion du boulevard Lumumba.
Partis du quartier 3 dans la commune de Masina, les manifestants ont progressé en direction du saut-de-mouton Pascal où se trouve une permanence de l’Ecide, érigeant des barricades de fortune et incendiant des pneus sur la chaussée. La circulation des véhicules et des motocyclettes a été fortement perturbée pendant des minutes.
Les protestataires ont scandé des slogans hostiles à toute réforme constitutionnelle susceptible d’ouvrir la voie à un nouveau mandat du président Félix Tshisekedi : « Pas de troisième mandat à Félix Tshisekedi, pas de changement de Constitution », répétaient-ils en lingala, l’une des langues nationales.
La manifestation s’est déroulée à proximité d’un lieu de rassemblement habituellement fréquenté par des militants proches de Martin Fayulu, dans un climat politique de plus en plus tendu autour du débat sur une éventuelle révision constitutionnelle.
Ces actions surviennent alors que plusieurs composantes de l’opposition ont appelé à une journée « ville morte » le 3 juin à Kinshasa. Les opposants accusent le chef de l’État de vouloir engager un processus de changer la Constitution afin de rester au pouvoir au-delà de son deuxième et dernier mandat constitutionnel qui s’achève en 2028. Dans une rhétorique particulièrement offensive, certains responsables politiques évoquent une « rébellion contre la Constitution » et reprochent également au président congolais sa gestion de la crise sécuritaire avec le Rwanda et le président Paul Kagame.
La tension politique s’est également transportée au Parlement. Le mercredi 27 mai, les députés du groupe « Ensemble », seule force d’opposition à l’Assemblée nationale, ont boycotté l’examen de la proposition de loi initiée par le député Paul Gaspard Ngondankoy sur les modalités d’organisation du référendum. Le texte avait été jugé recevable, sous réserve d’amendements, par la Commission politique, administrative et juridique (PAJ).
César Olombo