Ebola en RDC : Africa CDC soutient les démarches diplomatiques pour accéder aux zones sous contrôle de l’AFC/M23

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Le directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), le Dr Jean Kaseya, a apporté le soutien de son institution aux démarches diplomatiques annoncées par le gouvernement congolais afin de permettre une riposte efficace contre l’épidémie d’Ebola dans les zones sous contrôle de la rébellion AFC/M23, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo.

S’exprimant samedi 23 mai 2026 lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre congolais de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Samuel Kamba, ainsi qu’avec des autorités sanitaires ougandaises, le patron de l’agence de santé publique de l’Union africaine a révélé avoir engagé des échanges avec plusieurs acteurs internationaux impliqués dans les discussions diplomatiques autour de l’accès humanitaire dans les zones affectées.

« J’ai eu un échange avec le responsable de l’aspect humanitaire au Département d’État américain. J’ai également reçu un message de Massad Boulos, qui est le négociateur. Je pense qu’il va organiser un échange ce soir », a-t-il déclaré, en complément de l’intervention du ministre congolais de la Santé.

Le directeur général d’Africa CDC a rappelé que l’Union africaine agit au nom de ses États membres et reste disposée à accompagner toute initiative visant à renforcer la réponse sanitaire dans les zones touchées par l’épidémie.

« Nous, en tant qu’Union africaine, représentons 1,5 milliard de personnes et nous travaillons pour les États membres. Si le gouvernement de la RDC estime que nous pouvons jouer un rôle important pour soutenir cette requête, nous allons apporter notre soutien », a souligné Jean Kaseya.

Insistant sur les risques de propagation régionale de l’épidémie, le médecin congolais a averti que l’absence d’accès aux villes de Goma et Bukavu pourrait davantage compliquer la situation sanitaire dans la région.

« Nous n’avons pas d’autre choix. Au niveau où je me trouve, je sais que Goma et Bukavu font toujours partie de la RDC. Nous verrons avec Massad Boulos quel type d’appui apporter. Pourquoi est-ce important ? Parce que si aujourd’hui nous avons des cas à Goma et au Sud-Kivu susceptibles de s’étendre à d’autres régions de la RDC ou à d’autres pays, cela deviendra une autre paire de manches. Je soutiens la position du ministre, qui affirme recourir à tous les mécanismes possibles pour permettre une riposte efficace à cette épidémie », a martelé le Dr Jean Kaseya.

Le 15 mai 2026, une épidémie d’Ebola a été confirmée dans la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo. Il s’agit d’une souche rare du virus pour laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique.

Les conflits armés, les importants mouvements de population ainsi que la faiblesse du contrôle gouvernemental compliquent le traçage des contacts et les efforts de riposte, tout en augmentant le risque de propagation à d’autres régions du pays et aux États voisins. La grave situation humanitaire dans la région, où plus de 26 millions de personnes font face à une insécurité alimentaire aiguë, accroît davantage leur vulnérabilité. La malnutrition, les déplacements de population et la fragilité des services de santé contribuent à un risque élevé d’infection et de mortalité.

Malgré les difficultés majeures d’accès aux communautés touchées, les autorités sanitaires congolaises se veulent optimistes et assurent disposer d’une solide expérience dans la lutte contre les épidémies d’Ebola. Africa CDC et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) multiplient les concertations dans le cadre d’une riposte régionale coordonnée destinée à briser les chaînes de transmission.

Clément MUAMBA