You are using an outdated browser. For a faster, safer browsing experience, upgrade for free today.
Diaporama
Slide 1 selected
Catégorie

RDC : Tshisekedi fixe le cadre d’un dialogue national de trois mois et en exclut l’AFC/M23

Foto

Félix Tshisekedi a officiellement lancé jeudi un processus de dialogue national d'une durée maximale de trois mois, qui débutera par des consultations dans les 26 provinces avant des assises à Kinshasa, tout en excluant de ce cadre les acteurs qui continueront à combattre par les armes.

Baptisé « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l'Etat », le processus doit associer majorité et opposition, société civile, confessions religieuses, autorités coutumières ainsi que des représentants des milieux économiques, professionnels, universitaires et scientifiques, a annoncé le chef de l'Etat dans une adresse à la nation.

Des organisations de femmes, de jeunes et de travailleurs, des représentants des personnes vivant avec un handicap, des entrepreneurs, agriculteurs, enseignants, chercheurs, artistes, professionnels de santé, acteurs de l'économie informelle ainsi que la diaspora doivent également être consultés.

Dans chaque province, des forums préliminaires devront notamment examiner les causes de l'insécurité, les conflits fonciers et coutumiers, les tensions communautaires, les insuffisances administratives, les inégalités, les obstacles au développement et les réformes jugées nécessaires.

Les contributions seront ensuite regroupées dans un document de synthèse nationale destiné à servir de base aux assises de Kinshasa.

« Les assises de Kinshasa ne seront pas le point de départ du Dialogue, mais l'aboutissement d'une parole recueillie à travers tout le pays », a déclaré M. Tshisekedi.

Trois mois maximum

L'ensemble du processus sera limité à une durée maximale de trois mois, selon le président, qui n'a toutefois annoncé aucune date précise pour le début des consultations provinciales ou des assises nationales.

Une ordonnance doit être prise « dans les tout prochains jours » pour créer un Comité d'organisation chargé de la préparation administrative, matérielle et logistique.

Après la remise d'un rapport préliminaire par ce comité, une autre ordonnance doit convoquer formellement le dialogue et fixer notamment ses étapes, les modalités de représentation et les mécanismes de suivi.

Une Commission préparatoire sera également mise en place. Les confessions religieuses y seront représentées. Un Bureau et une Assemblée plénière doivent être constitués ultérieurement.

Le président congolais a également précisé les limites de l'inclusivité du processus.

« Nul ne peut prétendre s'asseoir à la table de la Nation tout en prenant les armes contre elle », a-t-il déclaré.

Ne pourront participer au dialogue « en qualité de composantes politiques » ceux qui, à son ouverture, combattent par les armes l'ordre constitutionnel, occupent par la force une partie du territoire, administrent illégalement des entités de la République ou agissent, selon le chef de l'Etat, au service d'une puissance étrangère, « en l'occurrence le Rwanda ».

Ces critères excluent, dans les conditions actuelles, l'AFC/M23 des composantes politiques admises au dialogue national.

Le gouvernement congolais et l'AFC/M23 sont déjà engagés dans des discussions à Doha, sous médiation du Qatar.

Félix Tshisekedi a réaffirmé jeudi que ce processus restait le cadre destiné à traiter avec l'AFC/M23 des questions liées notamment à la cessation des hostilités, au désengagement, au cantonnement et au désarmement.

Une possibilité de réintégration restera cependant ouverte, à titre individuel, aux membres de groupes armés qui renonceront « de manière sincère et vérifiable » à leur engagement armé et à toute forme de violence et condamneront l'agression dénoncée par Kinshasa.

Pas de suspension des institutions

Le chef de l'Etat a également affirmé que le dialogue ne devait ni remettre en cause « le choix souverain du peuple exprimé par les urnes », ni conduire à la suspension des institutions, qui continueront à exercer leurs prérogatives jusqu'au terme constitutionnel de leurs mandats.

Cette précision intervient dans un contexte de fortes divergences politiques autour du dialogue et du débat sur une éventuelle réforme de la Constitution.

Des responsables de l'opposition ont notamment réclamé un dialogue sans exclusion. Martin Fayulu avait demandé la participation de l'ancien président Joseph Kabila et de Corneille Nangaa, coordonnateur de l'AFC/M23.

Le mouvement Sauvons la RDC, proche de M. Kabila, avait pour sa part demandé une médiation indépendante, l'organisation du dialogue dans un pays tiers et des mesures de décrispation politique préalables.

M. Tshisekedi a annoncé jeudi qu'il donnerait instruction au gouvernement de préparer des « mesures de confiance et de décrispation politique », sans en détailler le contenu.

Il a également promis de veiller à la création des conditions de sécurité et de confiance nécessaires « au retour et à la participation » de Congolais actuellement en marge de l'unité nationale, sans citer de noms.

Les assises doivent aboutir à l'adoption d'un « Pacte national pour la paix, la cohésion et la refondation de l'Etat ».

Une matrice publique doit ensuite préciser pour chaque engagement l'institution responsable, son calendrier d'exécution et les résultats attendus, tandis qu'un mécanisme national de suivi et des rapports périodiques sont annoncés.

Le dialogue national restera distinct des processus diplomatiques de Washington, consacré principalement aux relations entre la RDC et le Rwanda, et de Doha, consacré aux discussions entre Kinshasa et l'AFC/M23.