Au moins 250 enfants ayant perdu leurs parents à la suite de la maladie à virus Ebola bénéficient actuellement d’un accompagnement psychosocial, alimentaire et matériel dans la ville de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri. Cette prise en charge est assurée par la Division provinciale des Affaires sociales avec l’appui de l’UNICEF, dans le cadre de la réponse aux conséquences sociales de l’épidémie.
Une mission de terrain menée le week-end dernier a permis aux équipes de la Division provinciale des Affaires sociales et de l’UNICEF d’évaluer les conditions de vie et d’accompagnement de ces enfants ainsi que celles des familles qui les accueillent.
L’intervention s’inscrit notamment dans le volet santé mentale et soutien psychosocial de la riposte contre Ebola. Au-delà de la prise en charge médicale des personnes affectées par l’épidémie, les acteurs cherchent ainsi à répondre aux conséquences sociales et psychologiques laissées par les décès de nombreux parents.
Céline Lusinde, de la Division provinciale des Affaires sociales, explique que le nombre d’enfants concernés dépasse le seul cadre de la ville de Bunia.
«Nous sommes déjà à plus de 250 enfants orphelins dans la ville de Bunia, mais il y en a également dans toutes les zones affectées par la maladie. Notre mission est de suivre ces enfants et d’évaluer la réponse qui leur est apportée, parce que ces décès ont créé de nouvelles vulnérabilités au sein des familles et des communautés.»
La prise en charge ne se limite pas au soutien psychosocial. Les enfants bénéficient également d’articles non alimentaires, d’une assistance alimentaire et d’autres appuis destinés à améliorer leurs conditions de vie.
Une attention particulière est accordée aux familles d’accueil spontanées, qui prennent en charge ces enfants après le décès de leurs parents. Ces ménages doivent souvent subvenir aux besoins d’enfants supplémentaires, alors qu’ils disposent eux-mêmes de ressources limitées.
Selon Céline Lusinde, un mécanisme d’appui financier a notamment été mis en place pour soutenir ces familles.
«Dans les financements destinés à cette réponse, il y a des appuis spécifiques pour les enfants orphelins, notamment les kits NFI et la prise en charge alimentaire. Nous apportons également une petite assistance financière aux familles d’accueil spontanées afin de les aider à prendre en charge ces enfants qui sont venus s’ajouter à leurs propres enfants.»
Pour les services sociaux, le défi consiste désormais à assurer un suivi régulier de ces enfants et à identifier les besoins spécifiques de chacun, notamment sur les plans psychologique, nutritionnel, matériel et familial.
La situation illustre l’une des conséquences moins visibles de l’épidémie d’Ebola en Ituri : au-delà des victimes directes de la maladie, les décès affectent durablement des familles entières et exposent les enfants à de nouvelles formes de vulnérabilité.
La Division provinciale des Affaires sociales et ses partenaires poursuivent ainsi le suivi des enfants orphelins dans les différentes zones touchées par l’épidémie, avec l’objectif de renforcer leur protection et de prévenir leur abandon ou leur exclusion sociale.
Freddy Upar, à Bunia