Face à Ebola en Ituri, l’EAC active son réseau régional de laboratoires et renforce la surveillance transfrontalière

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L'enterrement d'un patient atteint d'Ebola

La Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) a appelé lundi ses États membres à renforcer d’urgence leur préparation face à l’épidémie d’Ebola déclarée dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), après l’apparition de cas confirmés en Ouganda voisin.

Dans un communiqué publié depuis son siège à Arusha, en Tanzanie, l’organisation régionale a demandé aux pays membres d’« intensifier la surveillance, renforcer la préparation d’urgence et la coordination transfrontalière » face à cette nouvelle flambée de maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo.

L’épidémie, officiellement déclarée le 15 mai par les autorités congolaises, est centrée dans la province de l’Ituri, dans le nord-est de la RDC, à proximité des frontières avec l’Ouganda et le Soudan du Sud.

Selon l’EAC, les principales zones touchées sont Mongwalu et Rwampara, tandis que des cas suspects ont également été signalés à Bunia, chef-lieu de l’Ituri et important carrefour de transport régional.

Au 15 mai, environ 246 cas suspects et 65 décès avaient été recensés, tandis que 13 tests positifs sur 20 échantillons analysés avaient confirmé la présence du virus Ebola, dont quatre décès confirmés, selon les chiffres relayés par l’organisation régionale.

L’Ouganda a déjà confirmé deux cas liés à des voyageurs en provenance de RDC, dont un décès à Kampala, la capitale.

« Compte tenu du niveau élevé de circulation des personnes et des marchandises dans notre région, une préparation coordonnée et un partage rapide des informations sont essentiels pour prévenir une transmission transfrontalière », a déclaré le vice-secrétaire général de l’EAC chargé des infrastructures et des secteurs sociaux et politiques, Andrea Aguer Ariik Malueth.

L’organisation régionale a exhorté les États membres à activer leurs plans nationaux et transfrontaliers de préparation, renforcer le dépistage aux points d’entrée et équiper les équipes sanitaires et de réponse rapide.

L’EAC a également annoncé l’activation de son réseau régional mobile de laboratoires afin de soutenir la surveillance transfrontalière le long de la frontière congolaise.

Cette épidémie est la 17e enregistrée en RDC depuis l’identification du virus Ebola en 1976 près de la rivière Ebola, dans l’actuelle province de l’Équateur. La souche Bundibugyo, moins fréquente que la souche Zaïre, ne dispose actuellement d’aucun vaccin ni traitement spécifiquement approuvé.