La partie est de la République démocratique du Congo continue de faire face à l’activisme des groupes armés locaux et étrangers à l’origine de nombreuses pertes en vies humaines parmi les populations civiles ainsi que de déplacements massifs de populations, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Face à cette situation, la Mission des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) continue d’insister sur la nécessité de renforcer la coordination sécuritaire et opérationnelle entre les forces de la mission onusienne et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Mme Vivian van de Perre, représentante spéciale adjointe chargée de la protection et des opérations au sein de la MONUSCO, l’a rappelé lors d’un échange avec le vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, à l’Hôtel de la Défense à Kinshasa, capitale de la RDC. Cette rencontre intervient quelques jours après la première descente sur le terrain du nouveau chef de la MONUSCO dans l’est du pays.
Selon la numéro deux de la MONUSCO, citée dans une dépêche de la cellule de communication du ministère de la Défense, un renforcement de la collaboration entre les deux parties permettrait de consolider les efforts conjoints en faveur d’un retour durable de la paix, notamment dans les zones de l’est du pays touchées par les violences armées.
"Au cours de cette rencontre, la responsable onusienne a plaidé pour un renforcement de la coordination sécuritaire et opérationnelle entre la MONUSCO et les FARDC afin de consolider les efforts conjoints en faveur d’un retour durable de la paix dans les zones en proie aux violences armées"rapporte jeudi 14 mai 2026 le ministère de la défense nationale
Les échanges entre les deux personnalités ont également porté sur les questions sécuritaires, les efforts de paix et la stabilisation de la partie orientale de la RDC. Au centre des discussions figuraient les priorités du mandat de la MONUSCO en RDC à la lumière de la résolution 2808 du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi que les efforts diplomatiques menés par le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC, James Swan, dans le cadre des processus de Washington et de Doha actuellement en cours.
"La diplomate de la MONUSCO à exprimé la volonté d'accompagner les initiatives régionales et internationales visant la désescalade des tensions sécuritaires dans la partie Est de la RDC et a rappelé le soutien constant de la MONUSCO aux mécanismes de cessez-le-feu, aux pourparlers de paix ainsi qu’à la mise en œuvre des accords issus des processus diplomatiques de Washington et de Doha. Une volonté manifesté par le Président de la République démocratique du Congo, S.E.M Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo" ajoute le ministère de la défense nationale et anciens combattants
Satisfait des échanges avec son hôte, précise son cabinet, le patron de la Défense nationale congolaise a salué le rôle important joué par la MONUSCO dans l’accompagnement des efforts de stabilisation dans l’est du pays. Il a également insisté sur la nécessité pour la mission onusienne de poursuivre son action dans un esprit de neutralité, de coopération et de respect de la vérité des faits, au service de la paix et du bien-être des populations congolaises.
Cette rencontre entre les deux personnalités intervient après une série de massacres de populations civiles, attribués aux rebelles terroristes des ADF, qui continuent également de semer la désolation parmi les populations civiles, en dépit des opérations militaires conjointes menées par les Forces armées de la République démocratique du Congo et les forces ougandaises. Cette situation rend davantage vulnérable la situation humanitaire dans cette partie de la RDC et entraîne des déplacements massifs de populations.
Comme à chaque étape des discussions entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, les deux parties ne parviennent pas toujours à tenir un discours commun sur le retour de la paix dans l’Est de la RDC. Depuis la rencontre de Montreux en Suisse, Kinshasa et la rébellion AFC/M23 s’accusent mutuellement de violer les engagements de paix, notamment en raison de la poursuite des affrontements et des attaques de drones dans l’est de la RDC. Les avancées espérées sur papier par les médiateurs ne cessent de céder la place à une méfiance accrue et à une impasse diplomatique.
Parallèlement, il en est de même pour le processus de Washington, qui prend en charge la crise entre Kinshasa et le Rwanda. Malgré la tenue d’une série de réunions autour des médiateurs et facilitateurs, la situation sur le terrain peine à s’améliorer, dans un contexte où chaque partie interprète les dispositions de l’accord à sa manière, compliquant davantage sa mise en œuvre.
Clément MUAMBA