Les travaux techniques consacrés à la finalisation de l’avant-projet de loi de finances rectificative (LFR) pour l’exercice 2026 ont débuté ce samedi 16 mai au cabinet du vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, au Centre financier de Kinshasa. Selon la cellule de communication de ce ministère, cette démarche fait suite aux instructions de la Première ministre Judith Suminwa, données lors de la 88e réunion du Conseil des ministres, visant le dépôt du projet de loi de finances rectificative 2026 à l’Assemblée nationale avant la fin du mois de mai de l’année en cours.
Pour ce portefeuille dirigé par Adolphe Muzito, cette étape cruciale traduit la volonté du gouvernement d’ajuster la trajectoire budgétaire de l’État afin de répondre avec davantage d’efficacité aux impératifs socio-économiques du pays. Pour cette première journée, les experts de sept ministères stratégiques ont été reçus par ceux du ministère du Budget afin de présenter leurs priorités d’investissement à impact visible. Les échanges ont porté sur la sélection et l’intégration de projets structurants susceptibles de générer des retombées immédiates et concrètes pour la population.
"Les secteurs ayant pris part aux travaux ce samedi sont notamment : la Défense nationale et les Anciens combattants ; l’Intérieur, la Sécurité, la Décentralisation et les Affaires coutumières ; la Santé publique ; l’Éducation nationale ; les Infrastructures et Travaux publics ; les Transports et Voies de communication ; ainsi que l’Industrie et les Hydrocarbures", précise le ministère du Budget.
À travers ces travaux techniques, le gouvernement, via le ministère du Budget, affiche un objectif clair : identifier vingt secteurs prioritaires dont les projets présentent un fort impact économique et social. Ces ajustements budgétaires visent à renforcer les investissements publics dans le cadre de la révision de la loi de finances initiale.
"Le calendrier des consultations se poursuivra le lundi 18 mai, avec l’audition de dix autres secteurs. Parmi les ministères attendus figurent notamment l’Agriculture, le Commerce extérieur, les Affaires foncières et le Portefeuille. À noter que trois secteurs ont sollicité et obtenu un report de leur passage, portant ainsi à vingt le nombre total de secteurs concernés par cet exercice. À l’issue de ces consultations techniques, l’avant-projet de loi de finances rectificative sera soumis aux instances compétentes pour validation", ajoute le ministère du Budget.
Après son adoption par l’Assemblée nationale et le Sénat, le président de la République, Félix Tshisekedi, avait promulgué la loi de finances 2026 de la RDC, chiffrée à 54 335,8 milliards de francs congolais, soit l’équivalent de 22 milliards de dollars américains. Ce budget représentait un taux d’accroissement de 7,2 % par rapport à la loi de finances rectificative 2025, évaluée à 50 691,8 milliards de francs congolais. La promulgation était intervenue à la suite d’une ordonnance présidentielle signée le 29 décembre 2025 et lue à la Radio-télévision nationale congolaise (RTNC) par le porte-parole adjoint du chef de l’État.
Cependant, depuis la promulgation de cette loi de finances, malgré le satisfecit affiché par certains membres du gouvernement, la mobilisation des recettes au cours du premier trimestre 2026 a révélé d’importantes difficultés. Cette situation s’est notamment traduite par des retards fréquents dans le paiement des agents et fonctionnaires de l’État, perturbant ainsi le rythme normal de la paie.
Autre élément majeur ayant renforcé les inquiétudes du gouvernement : l’évolution de la situation géopolitique internationale, particulièrement au Moyen-Orient. Lors d'une réunion du Conseil des ministres, le président Félix Tshisekedi avait alerté les membres du gouvernement sur les tensions dans cette région du monde, soulignant qu’elles commencent déjà à affecter les marchés énergétiques et financiers internationaux. Le chef de l’État avait ainsi insisté sur la nécessité pour le gouvernement de prendre des mesures appropriées afin de faire face aux répercussions économiques de cette conjoncture mondiale.
Clément MUAMBA