Le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, continue de sombrer dans une spirale de violences. Dans la nuit du mercredi 13 au jeudi 14 mai 2026, de présumés combattants des Allied Democratic Forces (ADF) ont mené une nouvelle attaque meurtrière dans le quartier Bangole, au centre de Biakato, important centre commercial de la chefferie des Babila Babombi.
Selon plusieurs sources locales, les assaillants ont fait irruption dans la zone aux environs de 23 heures, ouvrant le feu et provoquant une panique généralisée parmi les habitants. Des familles entières ont fui leurs maisons en pleine nuit pour chercher refuge dans des quartiers considérés comme plus sûrs.
Le bilan provisoire fait état d’au moins trois civils tués, plusieurs personnes portées disparues ainsi que des habitations incendiées au cours de cette nouvelle incursion attribuée aux ADF.
" Les habitants ont passé la nuit dans une peur totale. Beaucoup ont abandonné leurs maisons pour sauver leur vie ", témoigne un habitant joint sur place.
Depuis plusieurs semaines, Biakato et ses environs vivent au rythme des attaques répétées. Après les massacres enregistrés récemment à Laliya et Makumo, cette nouvelle violence vient renforcer le climat de psychose dans une région où les activités économiques tournent au ralenti et où de nombreux habitants envisagent désormais de quitter définitivement la zone.
Cette situation illustre les limites des efforts sécuritaires engagés dans le cadre de l’état de siège instauré depuis cinq ans en Ituri et au Nord-Kivu. Malgré les opérations militaires conjointes et les annonces de renforcement sécuritaire, les groupes armés continuent de circuler et de frapper plusieurs localités stratégiques du territoire de Mambasa.
" Beaucoup de familles vivent désormais dans l’incertitude permanente. Chaque nuit, la population craint une nouvelle attaque ", confie une source locale.
Cette nouvelle attaque intervient également au lendemain de l’arrivée d’éléments de la MONUSCO dans le territoire de Mambasa pour appuyer les FARDC dans les opérations de sécurisation. La mission onusienne est notamment attendue sur la protection des civils face à la multiplication des incursions armées dans cette partie de l’Ituri.
Pendant ce temps, les recherches se poursuivent encore afin d’établir le bilan exact de cette attaque et retrouver les personnes toujours portées disparues.
Freddy Upar, à Bunia