Débat sur le changement de la Constitution : face aux invectives entre hommes d’églises, le CSAC appelle à la retenue

La Constitution de la RDC/Ph. droits tiers

Au moment où le débat constitutionnel semble diviser au sein de l’Église de Réveil en République démocratique du Congo, le régulateur des médias tient à fixer les règles d’un débat public. 

Dans une publication sur les réseaux sociaux, le président du Conseil Supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Christian Bosembe a rappelé que les hommes de Dieu, au même titre que tous les Congolais, ont plein droit d’exprimer leurs opinions sur la vie publique, mais dans le respect strict des lois et règlements en vigueur.

Ce que le régulateur n’admet pas néanmoins, c’est l’usage «des tribunes religieuses ou des médias confessionnels pour proférer des invectives, tenir des propos injurieux ou diffuser des messages de nature à porter atteinte à l’ordre public, à la dignité des personnes ou à la cohésion nationale».

Face aux invectives entre les hommes d’églises, Christian Bosembe insiste sur le pluralisme des opinions et la libre confrontation des idées sur lesquels repose le débat démocratique, et en appelle au sens de responsabilité et de retenue des responsables religieux dans leurs prises de parole publiques.

« À défaut, et dans le respect du cadre légal applicable, les mécanismes de régulation prévus par la loi seront mis en œuvre à l’encontre des organes de diffusion concernés », prévient le président du CSAC. 

Depuis qu’une frange d’hommes de Dieu de renom a pris position en faveur du changement de la Constitution, les responsables religieux se rentrent dedans. Le dimanche dernier, le pasteur Moïse Mbiye, responsable de l’église Cité Béthel à Kinshasa, a qualifié ses collègues d’appartenir à “un camp des lépreux” parce qu’il estime que ceux-ci s’adonnent plus à la politique et moins à l’élévation de leurs églises et à la bénédiction de leurs fidèles. 

Samyr LUKOMBO