L’ambassadeur Sun Lei, chargé d’affaires de la Mission permanente de la Chine auprès des Nations Unies, a fustigé le contraste existant entre le fait que la région des Grands Lacs, située au cœur du continent africain, regorge de ressources naturelles et possède un potentiel de développement considérable, et la réalité marquée par la persistance des conflits. Ceux-ci y ressurgissent sans cesse dans un contexte où les processus de paix sont au point mort, et il en résulte des déplacements massifs de population, voire des pertes en vies humaines.
Dans son discours mercredi 15 avril 2026, lors de la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à la situation dans la région des Grands Lacs, l’ambassadeur Sun Lei a affirmé que la paix, le développement et la prospérité de cette région exigent le respect mutuel, le dialogue, la réconciliation, la solidarité et la coopération entre les pays concernés, ainsi que le soutien et l’assistance de la communauté internationale. À l’en croire, des efforts rapides sont nécessaires pour désamorcer la situation et instaurer un cessez-le-feu sur le terrain.
"L’est de la RDC a toujours été l’épicentre de l’instabilité régionale. Face à l’absence d’un cessez-le-feu véritable et attendu depuis trop longtemps dans l’est de la RDC, et compte tenu de la fréquence des conflits et des violences, la communauté internationale doit exhorter toutes les parties au conflit à appliquer les résolutions du Conseil, notamment la résolution 2773, à respecter pleinement leurs engagements en matière de cessez-le-feu et à éviter toute escalade", a déclaré l’ambassadeur Sun Lei au nom de la représentation Chinoise au Conseil de sécurité de l'ONU.
Au nom du gouvernement chinois, l’ambassadeur Sun Lei salue les efforts de médiation menés par l’UA et soutient son rôle central dans le règlement de la question de l’est de la RDC. Il dit avoir pris note de la reprise des négociations dans le cadre du processus de Doha et encourage les parties à saisir cette opportunité pour parvenir à un consensus plus large en faveur d’un cessez-le-feu durable.
Pour l’ambassadeur Sun Lei, le Conseil devrait continuer à soutenir les efforts de médiation et de coordination menés par l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, définir clairement le mandat régional du Bureau de l’Envoyé spécial ainsi que le mandat spécifique de la MONUSCO en RDC, et apporter conjointement une assistance importante aux processus de paix menés par l’Union africaine et la région.
"Les préoccupations sécuritaires de tous les pays doivent être dûment prises en compte afin de préserver la sécurité commune. Voisins, les pays de la région des Grands Lacs partagent des liens étroits et une longue histoire d'interactions. Ceci devrait constituer un atout pour la communication et la coopération entre les pays de la région, et non un handicap source de suspicion et de haine. La Chine a toujours exhorté les pays de la région à rejeter la confrontation géopolitique et à bâtir des relations de bon voisinage, à mettre de côté les griefs historiques et à combler le fossé de la confiance, et à dépasser la logique du jeu à somme nulle pour privilégier une coopération mutuellement avantageuse", a lancé l’ambassadeur Sun Lei dans son intervention.
Et de poursuivre :
"Il est normal que des différends existent entre voisins, mais l'escalade et le recours à la force ne peuvent résoudre fondamentalement les problèmes. L'essentiel est qu'ils défendent la vision d'une sécurité commune, globale, coopérative et durable et qu'ils règlent leurs différends par le dialogue et la consultation, afin de parvenir à une paix, une unité et une stabilité durables dans la région".
Malgré l’implication du président américain Donald Trump et l’accélération apparente du processus de Washington, matérialisée par l’entérinement des accords par les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, la situation sécuritaire sur le terrain peine à s’améliorer. Kinshasa et Kigali continuent de s’accuser mutuellement de violations des engagements pris, alimentant une méfiance persistante et des tensions durables.
Les discussions de Doha, menées sous l’égide de l’État du Qatar entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, connaissent également un net ralentissement, malgré la reprise d’un nouveau round de discussions entre les parties, cette fois-ci en Suisse, à la suite de la détérioration de la situation sécuritaire au Moyen-Orient. Cette branche de médiation vise à compléter les accords de Washington en s’attaquant aux causes profondes du conflit, notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés.
Face à cette situation, des voix continuent de s’élever, tant au niveau national qu’international, appelant les différents protagonistes au respect des engagements pris dans le cadre des initiatives de paix. L’objectif de ces appels est de réduire le fossé persistant entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques constatées sur le papier.
Clément MUAMBA