Est de la RDC : en Suisse, Kinshasa et l’AFC/M23 conviennent d’accélérer les négociations sur les protocoles restants et de présenter des propositions de plans pour les prochaines étapes

Les rebelles du M23 à Goma
Les rebelles du M23 à Goma

Les délégués du gouvernement de la République démocratique du Congo et ceux de la rébellion de l’AFC/M23 ont convenu de capitaliser la dynamique enclenchée lors des discussions tenues du 13 au 17 avril 2026 à Montreux, en Suisse, sous la médiation de l’État du Qatar, afin d’accélérer les négociations et de finaliser les protocoles restants en vue de la signature d’un accord de paix pour l’Est de la RDC.

Selon le communiqué final rendu public à l’issue des discussions, les deux parties ont convenu de soumettre aux facilitateurs des propositions de plans concrets pour les prochaines étapes des pourparlers menés sous l’égide de l’État du Qatar. Ces discussions, qui se tiennent depuis longtemps à Doha, ont été délocalisées en Suisse à la suite de la détérioration de la situation sécuritaire au Moyen-Orient.

"Les Parties ont convenu de maintenir la dynamique du processus de paix et à continuer de s’appuyer sur les progrès réalisés concernant le Protocole sur l’accès humanitaire et la protection judiciaire, tout en accélérant les négociations sur les protocoles restants, notamment en soumettant aux facilitateurs des propositions de plans concrets pour les prochaines étapes", rapporte le communiqué final

Dans le même registre, poursuit le communiqué final, les délégués du gouvernement de la République démocratique du Congo et ceux de la rébellion de l’AFC/M23 ont exprimé leur gratitude à l’État du Qatar, aux États-Unis, à la Suisse, à la République du Togo, à l’Union africaine ainsi qu’aux Nations unies, notamment à travers la MONUSCO, pour leur soutien indéfectible à la promotion de la paix et de la stabilité dans l’Est de la RDC et dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.

Ce nouveau round des discussions entre des représentants du Gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), ainsi que des représentants des États-Unis d’Amérique, de l’État du Qatar, de la République du Togo (en tant que médiateur de l’Union africaine), de l’Union africaine et de la Suisse, s’est réuni à Montreux, en Suisse, pour discuter du protocole sur l’accès humanitaire et la protection judiciaire, conformément aux dispositions de l’accord-cadre de Doha pour un accord de paix global entre le gouvernement de la RDC et l’AFC/M23, signé à Doha le 15 novembre 2025.

L'accord-cadre entre Kinshasa et l’AFC/M23 repose sur huit protocoles thématiques, considérés comme un condensé des problématiques centrales de la crise : 

• Mécanisme de libération des prisonniers, signé le 14 septembre 2025 ;

• Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu, signé le 14 octobre 2025 ;

• Accès humanitaire et protection judiciaire ;

• Restauration de l’autorité de l’État, réformes institutionnelles et gouvernance participative ;

• Arrangements sécuritaires intérimaires et DDR (Désarmement, Démobilisation et Réinsertion) ;

• Identité, citoyenneté, retour et réinstallation des réfugiés et déplacés ;

• Relance économique et réhabilitation des services sociaux de base ;

• Justice, vérité et réconciliation.

Ces discussions de Doha, menées sous l’égide de l’État du Qatar entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, avancent à pas de tortue malgré la reprise d’un nouveau round de discussions entre les parties, cette fois-ci en Suisse. Cette initiative de médiation vise à compléter les accords de Washington en s’attaquant aux causes profondes du conflit, notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés.

Face à cette situation, des voix continuent de s’élever, tant au niveau national, régional qu’international, appelant les différents protagonistes au respect des engagements pris dans le cadre des initiatives de paix. L’objectif de ces appels est de réduire le fossé persistant entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques constatées sur le papier.

Clément MUAMBA