Alors que la Belgique enregistre un nombre croissant des demandes d’asile des Congolais, sa ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt effectue une visite de travail à Kinshasa

La ministre belge en charge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, est attendue la semaine prochaine à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. Selon l’ambassade de Belgique à Kinshasa qui a annoncé la nouvelle ce jeudi 9 avril 2026, elle effectuera une visite de travail en RDC et rencontrera des officiels congolais pour échanger sur plusieurs dossiers bilatéraux d’actualité liés aux questions migratoires.

Cette visite intervient dans un contexte où le Royaume de Belgique continue d’enregistrer un nombre élevé de demandeurs d’asile, ou de protection internationale, en provenance de la République démocratique du Congo.

Pour les dix premiers mois de l’année 2025, plus de 2 000 Congolais ont introduit une demande, plaçant la RDC au quatrième rang des pays sources de demandes d’asile. Ces chiffres ont été dévoilés en novembre 2025 à Kinshasa par le Directeur général de l’Office des étrangers, Freddy Roosemont, autorité compétente en Belgique pour les questions d’entrée et de séjour.

« Le nombre de demandeurs d'asile, le nombre de demandeurs de protection internationale augmente. En 2024, on avait 1907 demandes qui n'étaient quand même rien, c'est dans notre Top 5 des pays avec l'Afghanistan, Palestine, Érythrée. On pensait que l'information donnée au public via à la presse allait changer la donne mais en 2025 on a de nouveau l'augmentation, sur dix mois janvier à octobre on est déjà à 2120, en novembre sur douze jours on a déjà 80 demandes donc si ça continue comme ça on arrivera à 2500 ou un peu plus pour l'année 2025 ce n'est pas normal parce que vous le savez et je sais, la plupart de ces demandes ce sont des gens qui n'ont pas des problèmes de persécution dans le cadre de la Convention de Genève de 1951 , ils ne sont pas poursuivis pour des raisons politiques, religieuses, sociales et autres ce sont des gens qui pensent que le processus d'asile est pour rester en Belgique », avait déploré le Directeur Général de l’Office des étrangers, Freddy Roosemont.

À l'en croire, la plupart de ces demandes introduites par des Congolais sont constituées de fausses déclarations et de faux documents et servent uniquement à obtenir un titre de séjour, et constituent donc un détournement de procédure. Ces demandes sont systématiquement rejetées et les personnes aboutissent souvent dans la clandestinité, sans bénéficier d'une aide financière, avant d'être retournées au pays.

« Nous avons constaté également qu'un nombre grandissant des Congolais demandeurs d'asile vient en Belgique avec un Visa Schengen. Il s'agit ici donc d'un détournement de procédure flagrant. En effet, le visa Schengen de type C (obtenu pour des raisons telles que visite famille, santé, tourisme etc.) sert uniquement à circuler dans l'espace Schengen, et non de s'y établir. La procédure d'asile n'existe en réalité que pour des personnes victimes de persécutions graves et qui craignent pour leur vie ou leur liberté. Pour la plupart des Congolais, cette crainte est inexistante et nous pouvons dès lors parler d'un abus de procédure. Il est important de relever ici que les demandeurs d'asile Congolais sont originaires de Kinshasa et ne viennent donc pas de l'Est du pays, c'est-à-dire les zones de conflits », avait-il expliqué.

La Belgique et la République Démocratique du Congo entretiennent des relations historiques étroites. Ces liens se traduisent par une présence congolaise significative, composée d’étudiants, de travailleurs, de regroupements familiaux et, plus récemment, d’une hausse notable des demandes de protection internationale.

Selon plusieurs observateurs, plusieurs facteurs internes expliquent l’augmentation des demandes d’asile congolais : tensions politiques persistantes, insécurité croissante à l’Est du pays marquée par l'agression rwandaise via la rébellion de l'AFC/M23, dégradation économique et précarité accrue de la population. Malgré les discours officiels, la situation intérieure de la RDC peine à s’améliorer.

Clément MUAMBA