À l'ONU, Washington exhorte Kinshasa, Kigali et le M23 à garantir la protection du personnel humanitaire et des Nations Unies 

Une photo d'une réunion du conseil de sécurité des Nations unies
Une photo d'une réunion du conseil de sécurité des Nations unies

La réflexion sur le renforcement de la sûreté et de la sécurité du personnel humanitaire, du personnel des Nations Unies et du personnel associé, ainsi que de leurs locaux et de leurs opérations, était au centre d'une session du Conseil de sécurité des Nations Unies, mercredi 8 avril. Il ressort de cette séance une dégradation de la situation humanitaire dans le monde ainsi qu’un affaiblissement du droit international, affectant les personnels humanitaires, devenus des cibles pour les parties en conflit à travers le monde.

Prenant la parole, l’ambassadeur Jeffrey Bartos, représentant des États-Unis pour la gestion et la réforme des Nations Unies, a rappelé que les États-Unis restent pleinement engagés dans la protection du personnel humanitaire et des Nations Unies, ainsi que des civils à travers le monde. 

Il a appelé au respect de la résolution 2730, qui enjoint aux États de respecter et de protéger les personnels humanitaires et ceux des Nations Unies, conformément à leurs obligations au regard du droit international.

" Les travailleurs humanitaires s’exposent à des risques pour venir en aide aux personnes en situation de détresse extrême, j’ai pu le constater de visu il y a quelques mois en RDC, en République centrafricaine et au Kenya et ils interviennent souvent dans des zones de conflit. La résolution 2730 exige que toutes les parties à un conflit respectent leurs obligations en vertu du droit international humanitaire, notamment celles relatives au respect et à la protection du personnel humanitaire. Cibler les civils qui assistent et protègent les plus vulnérables constitue une violation flagrante du droit international humanitaire ", a déclaré l’ambassadeur Jeffrey Bartos, représentant des États-Unis pour la gestion et la réforme des Nations Unies. 

Au nom de son pays, les États-Unis d’Amérique, ce diplomate a appelé toutes les parties aux conflits actifs à prendre toutes les mesures possibles pour atténuer les dommages causés au personnel humanitaire et aux civils, rappelant que les Nations Unies ont également recommandé aux parties responsables de faciliter l’accès humanitaire.

S’agissant de la République démocratique du Congo, Jeffrey Bartos, représentant des États-Unis pour la gestion et la réforme des Nations Unies, a appelé Kinshasa, la rébellion de l’AFC/M23 et le Rwanda à respecter le droit humanitaire. Il a dénoncé la récente attaque de drone sur la ville de Goma, qui a causé la mort d’une travailleuse de l’UNICEF. 

" Le 11 mars, une frappe de drone signalée dans l'est de la RDC a coûté la vie à Karine Buisset, membre du personnel de l'UNICEF, ainsi qu'à d'autres civils, venant s'ajouter aux pertes tragiques qui continuent d'affecter d'innombrables populations civiles. Nous exhortons la RDC, le Rwanda et le M23 à garantir la protection du personnel humanitaire et des Nations Unies et à assurer un accès humanitaire complet à l'est de la RDC. Face à l'impact de ces crises sur les populations, nous appelons les États membres de l'ONU à respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire afin de protéger les travailleurs humanitaires et les civils dans les conflits armés ", a lancé le diplomate américain lors de son intervention.  

D'après OCHA en 2026, le nombre d'incidents affectant les acteurs humanitaires dans l'est de la RDC est passé de 37 en janvier à 46 en février, soit une augmentation de 24,32 %. Sur ces 46 incidents, 39% se sont produits au Nord-Kivu, 28% au Sud-Kivu, 24% au Tanganyika et 9% en Ituri, tandis qu'aucun incident n'a été signalé au Maniema. Cette augmentation témoigne d'une nouvelle dégradation du contexte opérationnel en février, avec une concentration notable d'incidents au Nord-Kivu et au Tanganyika. Un travailleur humanitaire a été tué et un autre blessé en février, et aucun enlèvement n'a été signalé.

Depuis janvier 2025, 709 incidents affectant les acteurs humanitaires ont été recensés. Le Nord-Kivu demeure la province la plus touchée (46 % des incidents), suivi du Sud-Kivu (29 %), de l’Ituri (14 %), du Tanganyika (9 %) et du Maniema (3 %). Cette répartition confirme la persistance de difficultés d’accès non seulement dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, mais aussi dans celle du Tanganyika.

Comparativement à la répartition cumulée des incidents enregistrés depuis janvier 2025, le mois de février 2026 a montré une proportion nettement plus élevée d'incidents au Tanganyika (24 % contre 9 %), tandis que le Nord-Kivu représentait une part plus faible (39 % contre 46 %). Le Sud-Kivu est resté globalement conforme à la tendance cumulée (28 % contre 29 %).

Clément MUAMBA