RDC : la Ligue des féministes dénonce la banalisation des violences obstétricales après une décision judiciaire controversée

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La patiente victime de violence de la part d'un médecin à Kinkole

La Ligue des féministes de la République démocratique du Congo exprime sa profonde indignation à la suite du verdict rendu dans une affaire de violences exercées par un médecin sur une femme après son accouchement. Dans un communiqué publié le 7 avril à Kinshasa, l’organisation estime que la sanction prononcée (deux mois de servitude pénale avec sursis) est en totale inadéquation avec la gravité des faits.

Selon la Ligue, cette décision envoie un signal préoccupant en contribuant à banaliser les violences faites aux femmes, y compris dans des espaces censés garantir soins, protection et dignité. Elle qualifie les faits de violences obstétricales, commises à un moment de vulnérabilité extrême pour la patiente.

L’organisation déplore également ce qu’elle décrit comme une faible qualification juridique des faits et une légèreté de la peine, révélatrices d’une pauvreté juridique persistante dans la prise en charge des violences basées sur le genre en RDC.

« Une violence, même dite minime, ne peut être tolérée, justifiée, expliquée ou relativisée », rappelle la Ligue dans son communiqué, insistant sur la nécessité d’une réponse judiciaire ferme.

Pour ses responsables, le jugement aurait dû constituer un précédent fort, affirmant clairement que toute violence à l’égard des femmes, sous toutes ses formes, est inacceptable et doit être sévèrement sanctionnée.

La Ligue estime que cette affaire, impliquant la patiente identifiée comme Dorcas, illustre l’urgence d’une prise en charge psychosociale adaptée en RDC. Elle s’inquiète également de la manière dont certaines réactions publiques ont traité la situation avec dérision, y voyant le signe d’une déshumanisation enracinée dans l’histoire douloureuse du pays, marquée par les violences coloniales et les conflits armés.

L'organisation réaffirme cependant son engagement à lutter sans relâche contre toutes les formes de violences faites aux femmes.