Les pluies torrentielles des 5 et 6 avril 2025, qui avaient profondément inondé la quasi-totalité de la ville de Kinshasa, ont laissé des traces indélébiles dans plusieurs coins de la capitale.
Tombées pendant deux jours d'affilée, ces précipitations aux dégâts épouvantables n’avaient, non seulement causé des pertes en vies humaines, mais aussi détruit d’importantes infrastructures, dont des routes, ponts et autres.
Frontière entre le quartier Lemba-Imbu et la localité de Verman, le pont Lukaya, jadis jeté sur la rivière éponyme, n’avait pas, lui aussi, tenu face au déluge des eaux des pluies qui s’étaient abattues sur la province du Kongo-central aux mêmes dates.
Débordées à outrance, elles ont pu démolir la structure métallique pourtant suspendue sur des colonnes en béton. Conséquence : suspension de la circulation des véhicules et des piétons.
Douze mois après ces catastrophes naturelles, aucun début des travaux pour remettre une structure en place afin de rétablir le trafic des véhicules et éviter à la population de prendre des risques pendant la traversée. Par contre, l’emprise de la rivière, où sont sortis des roches sédimentaires, est récupérée par des vendeuses, qui y étalent des tongs et d’autres articles Certaines femmes ont même ouvert des gargotes où viennent s’alimenter des conducteurs des motos des deux côtés.
Des jeunes ont, par ingéniosité, fabriqué un escalier en bois, attaché à la partie restante du pont Lukaya devenu un marché des fruits, par lequel les passants traversent d’un côté à l’autre, avec tous les risques de tomber dans l’eau en cas d’une rupture ou cassure des bois pour surcharge. Toutes nos tentatives pour échanger avec les habitants n’ont pas réussi à cause du refus des hommes en tenue militaire qui font la sécurité du site touristique Mbatshi Mbatshia, ancien gouverneur de la province du Kongo-central.
Nous avons néanmoins réussi à échanger au téléphone avec Monsieur Rony, fils d’un ancien bourgmestre de la commune de Mont-Ngafula, qui nous a relaté que depuis ces jours-là, quelques ingénieurs, dont il n'a pu identifier la société, étaient passés en début de cette année, munis de leurs outils de travail avec l’intention de débuter des travaux, mais ils ne sont plus revenus.
« Ils voulaient, au premier temps, construire une structure métallique pour aider d’abord le passage de la population ainsi que celles de motos. Mais depuis qu’ils sont partis, ils n’ont donné aucune suite », a-t-il dit.
Alors que des habitants de Ndanu, Lemba Salongo multiplient des appels au gouvernement pour l 'alerter sur le danger à venir, car des eaux commencent déjà à déborder, les autorités n’ont accordé aucune attention à ses SOS.
Samyr LUKOMBO