Accueil des migrants des USA à Kinshasa : l'OCPS/RDC-USA salue « une étape décisive dans la consolidation de l’alliance » entre la RDC et les États-Unis

La vue d’une rue de Manhattan, New York (USA)
La vue d’une rue de Manhattan, New York (USA)

Malgré l’opposition des organisations de la société civile aux accords conclus entre la RDC et les États-Unis sur l’accueil prochain à Kinshasa des migrants expulsés des USA, l’Observatoire Congolais du Partenariat Stratégique entre la RDC et les États-Unis d’Amérique (OCPC/RDC-USA), soutient ce nouveau dispositif temporaire du gouvernement congolais. 

Cette nouvelle structure de la société civile pense que cette initiative prise par Kinshasa vise la solidarité internationale et marque le franchissement d’une étape qu’elle qualifie de «décisive» « dans la consolidation de l’alliance stratégique entre la République démocratique du Congo et les États-Unis d’Amérique».

« Pour l'OCPS/RDC-USA, cet accueil dépasse le geste humanitaire : il constitue un levier stratégique majeur qui scelle l’amitié entre nos deux nations et ouvre la voie à une coopération durable et mutuellement bénéfique », lit-on dans le communiqué. 

L’opposition et la société civile s’interrogent sur la durée d’accueil et le nombre exacte des expulsés, craignant la répétition des événements de 1994 dans l'Est de la RDC, lorsque que les Tutsis, pourchassés par les Hutus pendant le génocide rwandais, étaient accueillis sur le sol congolais, hospitalité à la base plusieurs morts parmi les Congolais. 

À travers le communiqué du dimanche 5 avril, le gouvernement a précisé que ce dispositif, défini conjointement avec les autorités américaines, s’inscrit dans le respect de la souveraineté nationale en matière de gestion de l’accès et du séjour des étrangers, ainsi que dans les engagements internationaux et régionaux du pays en matière de protection des droits des migrants.

Kinshasa souligne également que la prise en charge logistique et technique sera assurée par le gouvernement américain, via des structures spécialisées, et qu’« aucune charge financière » ne sera supportée par le trésor public congolais.

En effet, les personnes concernées seront accueillies dans des sites situés dans la ville-province de Kinshasa, avec un encadrement administratif, sécuritaire et humanitaire, selon le communiqué. 

Toutefois, l’Assemblée nationale est saisie de deux initiatives parlementaires visant la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner. Ces démarches émanent des députés Emile Sumaili Miseka et Christian Mwando. Le premier a déposé une question d’actualité, procédure d’urgence visant à obtenir des réponses rapides, tandis que le second a introduit une question orale avec débat, pour un examen approfondi en plénière. 

Les élus dénoncent un manque de transparence et s’interrogent sur le nombre de migrants, leur statut, la durée de séjour, les sites d’accueil ainsi que les garanties sécuritaires. Ils évoquent également une possible atteinte à la souveraineté nationale, en l’absence de consultation parlementaire.

Samyr LUKOMBO