Emploi en RDC : le gouvernement accorde un moratoire de 30 jours aux 402 services privés de placement non en règles pour se régulariser

Photo d'illustration
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La note d’information relevant du secteur de l’Emploi et du Travail a été abordée lors de la 85e réunion du Conseil des ministres, tenue sous la direction de la Première ministre Judith Suminwa, à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. À cette occasion, Ferdinand Massamba Wa Massamba, ministre de l’Emploi et du Travail, a évoqué la nécessité d’améliorer le climat social et de renforcer le dispositif national de développement des compétences.

Selon le compte rendu de la réunion tenue vendredi 3 avril dernier, en exécution de l’instruction du Président de la République donnée lors de la 58e réunion du Conseil des ministres, un contrôle dans le secteur du placement de la main-d’œuvre locale a été déclenché. Le rapport fait état de 625 services privés de placement (SPP) répertoriés, dont 223 sont en règle, tandis que 402 exercent dans l’irrégularité.

"Celà fait suite notamment : au manque d'agrément par le Ministère de l'Emploi et Travail ; A l'absence de contrats de travail ; l'absence d'une prise en charge médicale ; la non-application du SMIG, et le non-reversement des cotisations sociales et de l'Impôt sur les Personnes Physiques", précise le compte rendu de la réunion lu par le porte-parole du gouvernement

Face à cette situation, il a proposé au Conseil la prise d’acte des mesures suivantes :

- Un moratoire de 30 jours pour faciliter un transfert aisé des contrats de travail vers les sociétés en ordre avec la législation en vue de garantir la continuité de l’emploi et la prise en charge des employés concernés ; 

- La fermeture des 402 Services Privés de Placement qui persistent dans l’illégalité et ce, après un ultime moratoire de 30 jours.

Dans un autre volet, Ferdinand Massamba Wa Massamba, ministre de l’Emploi et du Travail, a rassuré quant à l’achèvement des travaux de construction des centres de l’INPP de Maluku, Kolwezi et Kisangani. Ces ouvrages sont, à ce jour, prêts à être inaugurés. En ce qui concerne le centre de l’INPP de Kalemie, dont l’instruction présidentielle a été donnée lors de la Conférence des gouverneurs tenue dans cette ville, il a précisé qu’un terrain a déjà été acquis sur fonds propres de l’INPP, avec la facilitation des autorités provinciales du Tanganyika.

Par ailleurs, les études de faisabilité sont bouclées, tandis que le budget global de construction reste en attente de financement.

La création d’emplois figure parmi les six engagements du second quinquennat du Chef de l’État, Félix Tshisekedi. Intervenant lors de la 58e réunion du Conseil des ministres, le Président Félix Tshisekedi avait rappelé au gouvernement la nécessité de promouvoir l’égalité des chances dans l’accès à l’emploi et aux stages en RDC. Dans son intervention, il a souligné que l’égalité des chances dans le monde du travail constitue à la fois une exigence sociale et un levier stratégique pour le développement du pays.

Selon lui, cette ambition s’inscrit au cœur de sa vision d’une République moderne, inclusive et prospère, où chaque citoyen, quels que soient son origine, sa condition sociale ou son parcours, doit pouvoir accéder équitablement aux opportunités offertes par son pays. Garantir cette égalité, a-t-il précisé, c’est consolider la confiance entre l’État et ses citoyens, renforcer la cohésion nationale et assurer la transmission d’un héritage de justice aux générations futures. D’après le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, la situation actuelle accentue le chômage, décourage l’investissement des familles dans l’éducation et fragilise la cohésion nationale. Un pays qui ne crée pas de passerelles entre la formation et l’emploi se condamne à gaspiller son capital humain le plus précieux.

Conscient de l’urgence et de la portée stratégique de ces enjeux, le Président de la République a instruit le ministre de l’Emploi et du Travail d’engager sans délai les actions prioritaires suivantes : rendre effective l’obligation de publication de toutes les offres d’emploi via l’ONEM, afin d’assurer la transparence et l’équité d’accès ; mettre en synergie l’ONEM et l’Inspection générale du travail afin de garantir un contrôle rigoureux, d’identifier les manquements et, le cas échéant, de sanctionner les contrevenants ; encourager les entreprises publiques et privées à accueillir un plus grand nombre de stagiaires, en partenariat étroit avec les établissements d’enseignement supérieur et les structures d’encadrement des jeunes.

Ces mesures devront être accompagnées d’un dispositif de suivi-évaluation régulier, afin de mesurer les progrès, d’identifier les obstacles et d’ajuster les stratégies en temps réel. À l’époque candidat à sa propre succession à l’élection présidentielle du 20 décembre 2023, le Chef de l’État s’était fixé pour objectif de créer 6,4 millions d’emplois au cours des cinq prochaines années, en cas de réélection.

À relire:

https://actualite.cd/2025/09/07/rdc-ces-nouvelles-instructions-de-felix-tshisekedi-pour-finir-avec-le-manque-de 

Clément MUAMBA