En marge du mois dédié aux droits des femmes, la Clinique Panzi de Kinshasa, portée par la fondation du Denis Mukwege, a organisé une campagne de sensibilisation sur les violences sexuelles basées sur le genre (VSBG) à l’intention des adolescentes du lycée Toyokana, situé dans la commune de Kasa-Vubu.
L’objectif de cette initiative était de fournir aux élèves des informations essentielles sur les conséquences des violences sexuelles ainsi que sur les comportements à adopter en cas d’agression.
« Nous menons une campagne de sensibilisation dans les écoles, en ciblant principalement les adolescentes. Nous avons constaté que la majorité des cas que nous recevons concernent des jeunes filles âgées de 10 à 15 ans, souvent par manque d’information », a expliqué Christelle Asifiwe Tabaro.
Elle a insisté sur l’importance de sensibiliser les jeunes filles à reconnaître les comportements inacceptables :
« Il y a des gestes qu’il ne faut ni tolérer ni accepter. Les mineures n’ont pas la capacité de consentir, et l’État les protège. En cas d’agression, elles doivent dénoncer et ne pas se taire. Cela peut leur sauver la vie et empêcher les agresseurs de nuire à d’autres victimes. »
Concernant la prise en charge médicale, Sephora Malonga recommande aux victimes de consulter dans un délai de 72 heures après l’agression.
« Les 72 premières heures sont cruciales. Si la victime se présente à temps, nous pouvons prévenir les infections sexuellement transmissibles, les grossesses non désirées et même le VIH. Nous disposons de kits de prévention comprenant la contraception d’urgence, des antibiotiques et des antirétroviraux », a-t-elle précisé.
Elle souligne que tout retard dans la prise en charge peut entraîner des conséquences graves, tant sur le plan sanitaire qu’obstétrical. Au-delà de l’aspect médical, la prise en charge psychologique constitue un pilier fondamental du suivi des victimes. Selon Milca Biayi, les survivantes développent souvent des traumatismes importants.
« Après une agression sexuelle, la victime peut présenter des troubles du comportement : isolement, agressivité, dépression, cauchemars, peur intense ou perte de confiance en soi. Ces personnes ont besoin d’un accompagnement pour retrouver leur stabilité émotionnelle et reconstruire leur vie », a-t-elle indiqué.
Parmi les participantes, l’initiative a été largement appréciée.
« Cette conférence a été très enrichissante. J’ai retenu qu’il faut savoir dire non face aux violences sexuelles et en parler à une personne de confiance », a témoigné Dorcas Mbiazi.
À l’issue de cette activité, les équipes de la Clinique Panzi de Kinshasa se sont engagées à poursuivre ces campagnes de sensibilisation dans d’autres établissements scolaires de la capitale.
Inaugurée en 2020 dans la commune de Ngaliema, la Clinique Panzi de Kinshasa étend le modèle de soins holistiques développé à Bukavu. Elle offre une prise en charge gratuite et complète — médicale, psychologique, juridique et sociale — aux survivantes de violences sexuelles et basées sur le genre.
Grâce Guka