Crise sécuritaire en RDC: 14% des populations du Sud-Kivu sont des déplacés internes, dont 30 578 personnes ayant fui leurs villages ces six derniers mois

Des déplacés vident le site de Kanyaruchinya pour se diriger vers Goma
Des déplacés vident le site de Kanyaruchinya pour se diriger vers Goma

Un rapport de monitoring mené par l’Organisation internationale des migrations (OIM) sur le suivi des mouvements de populations au Sud-Kivu, le nombre des déplacés internes dans cette province est estimé à 1 232 251, soit 14% de la population locale. Ces chiffres représentent une augmentation de 2,5 % par rapport aux 1 201 673 personnes déplacées la dernière période (août - septembre 2025).

Les déplacements des populations se sont accrus ces six derniers mois principalement en raison des combats entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles de l’AFC/M23 appuyés par l’armée rwandaise. Ces combats acharnés menés entre novembre et janvier avaient abouti à la prise de la ville d’Uvira par les rebelles de l’AFC/M23.

Ce jour, au moins 1 178 705 personnes déplacées internes résident dans des familles d’accueil (95% du total). À cela s’ajoutent 21 122 personnes déplacées (environ 2%) vivant dans trois sites gérés par le Cluster de Coordination et de Gestion des Camps (CCCM), ainsi que 32 424 déplacés (environ 3%) résidant dans 18 sites, neuf centres collectifs, deux écoles, deux églises, un stade et un terrain hors mécanisme CCCM.

D’après les données de l’OIM, la majorité des déplacés se trouvent dans les territoires de Kalehe (35%), Fizi (25%), et Mwenga (10%), qui concentrent à eux seuls plus de 65 % de la population déplacée.

Dans l’ensemble du Sud‑Kivu, les déplacements sont très majoritairement liés aux dynamiques de conflit. Les conflits armés représentent 91,4 % des déplacements (1 077 329 personnes), suivis par l’insécurité liée au conflit (7,8%, soit 92 123 personnes) et les aléas climatiques restent marginaux, notamment les inondations.

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