RDC : 14 structures sanitaires fermées après deux attaques meurtrières des ADF à Mambasa

ACTUALITE.CD

Au moins 14 structures sanitaires ont interrompu brusquement les activités à Mambasa, dans la province de l'Ituri, après la double attaque des islamistes des Forces démocratiques alliées (ADF) entre le 11 et le 16 mars 2026 à Muchacha et Babesua. Le médecin chef de zone de Nia-Nia, Docteur Joseph Pemanakue a alerté ce mardi, sur une crise sanitaire qui touche les aires de santé de Badengaido et Bafwakoa.

À Mabovu, à Penge, à Muchacha, aucune structure sanitaire ne fonctionne à ce jour. Les soignants et leurs patients avaient pris la destination de Badengaido lors de la première attaque à Muchacha. L'attaque enregistrée quelques jours après au village Babesua a aggravé la situation. Les structures sanitaires de Badengaido ont aussi fermé et le personnel s'est réfugié à Nia-Nia.

« À Badengaido, il y a un personnel qui a pu résister mais après l'attaque de Babesua, les structures ont fermé, même le centre de santé de Badengaido. Un auxiliaire était resté là-bas pour des soins urgents au niveau du centre de santé mais tous les autres ont fui. Même l'aire de santé Bafwakoa qui est à côté s'est vue aussi vidée, même le poste de santé Babeke », a expliqué à ACTUALITE.CD, le Docteur Pemanakue.

À Nia-Nia, le nombre de patients explose. Le centre de santé a enregistré plus de 90 nouveaux patients. « Quand la population s'est déplacée, il y a eu beaucoup d'accidents. Quand la population se déplace, il y a toujours la maladie qui se déplace avec elle. C'est pourquoi, au niveau de nos formations sanitaires ici à Nia-Nia, il y a eu afflux de malades qui n'ont même pas de quoi se payer les soins », a dit le médecin chef de zone.

À l'en croire, les cas d'accident, de paludisme, de la fièvre typhoïde, des maladies hydriques, et des accouchements césariens ont augmenté ces dix derniers jours. Le médecin chef de zone indique aussi que certains malades passent la nuit à la belle étoile.

Le médecin a également évoqué des pourparlers avec MSF basé à Kisangani. « Ils ont besoin de l'assurance sécuritaire pour qu'ils puissent venir faire un état de lieu avant leur intervention », a-t-il dit, tout en précisant qu'il a déjà identifié les besoins prioritaires dont les médicaments.

Les attaques de Muchacha et Babesua ont fait plus de 30 morts à Mambasa. D'autres personnes restent portées disparues jusqu'à ce jour.

Gaston Mukendi, à Kisangani