L’audience de l’affaire mettant en cause le général Philémon Yav Irung, a eu lieu ce jeudi 11 mars 2026 devant la Haute cour militaire. On peut dire qu’elle a été de courte durée, puisque la composition a décidé de renvoyer l’affaire au 16 mars 2026, déclarant que les conditions n’étaient pas réunies pour siéger.
La séance de ce jour était consacrée au rapport d’expert désigné pour analyser le téléphone du prévenu. La décision de la Haute cour de recourir à l’expertise du CNC a été critiquée par la partie prévenue.
Le général Philémon Yav Irung est soupçonné d’avoir entretenu des contacts avec l’entourage de James Kabarebe. Depuis 2020, il avait été réaffecté dans l’est de la République démocratique du Congo, où il avait été nommé commandant de la troisième zone de défense des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Cette zone stratégique du dispositif de défense congolais couvre les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri, du Maniema et de la Tshopo. Le procès intervient près de trois ans après son arrestation, survenue en septembre 2022.
Surnommé « le Tigre », le général Philémon Yav figure parmi les officiers généraux originaires de l’espace Grand Katanga que certaines personnalités politiques, notamment Joseph Kabila, ancien chef de l’État, citent régulièrement pour illustrer ce qu’elles qualifient de marginalisation des officiers issus de cette région sous le régime du président Félix Tshisekedi. Ces allégations ont toutefois toujours été rejetées par l’armée congolaise précisant que les interpellations et arrestations de certains officiers généraux et supérieurs s’inscrivent strictement dans le cadre de la législation militaire en vigueur.