‎RDC : vers un référentiel national des classes moyennes, Kinshasa pose les bases d’une stratégie d’émergence

Photo d'illustration
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‎La République démocratique du Congo franchit une étape décisive dans la structuration de sa politique économique. ‎Le gouvernement a officiellement lancé, mercredi à Kinshasa, l’atelier de présentation et de validation du rapport de l’enquête nationale sur les classes moyennes, avec en perspective l’adoption d’un référentiel congolais destiné à guider l’action publique.

‎La cérémonie s’est tenue dans la salle Arche des Sœurs Franciscaines de Marie, dans la commune de la Gombe, sous la conduite du ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, Justin Kalumba Mwana-Ngongo, en présence du directeur général de l’Agence pour la promotion des classes moyennes congolaises (APROCM), Pascal Tchelo Mazombo, ainsi que d’experts, de partenaires institutionnels et d’acteurs socio-économiques. les travaux se déroulent du 4 au 6 Mars‎

Des données pour piloter l’action publique

‎Au cœur de cette initiative : doter la République démocratique du Congo d’outils statistiques fiables pour identifier, mesurer et caractériser sa classe moyenne  un segment considéré comme déterminant pour la stabilité sociale et la croissance inclusive.

‎Dans son allocution d’ouverture, Justin Kalumba Mwana-Ngongo a souligné que l’émergence d’une classe moyenne forte constitue l’un des piliers de la vision du chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.‎

‎« On ne peut bâtir une politique salariale, fiscale ou infrastructurelle sérieuse sans la maîtrise rigoureuse des chiffres », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’une gouvernance fondée sur des données probantes pour orienter les décisions publiques et évaluer les performances de l’État.

‎Selon le ministre, la consolidation d’une classe moyenne structurée et économiquement active est essentielle pour améliorer durablement les conditions de vie des Congolais et moderniser l’économie nationale.

‎Une première enquête nationale d’envergure

‎De son côté, Pascal Tchelo Mazombo a précisé que l’enquête a été réalisée sur l’ensemble du territoire national par appel téléphonique, en partenariat avec Congo Call Center. 

‎L’étude a permis d’établir un état des lieux documenté des classes moyennes congolaises.

‎‎Il a qualifié l’initiative «d'étape historique », soulignant qu’il s’agit de la première enquête scientifique nationale consacrée à cette catégorie socio-économique en RDC.

‎Le futur référentiel, a-t-il expliqué, ne se limitera pas à un document technique. Il devra servir d’instrument stratégique pour structurer l’action gouvernementale, définir des critères objectifs d’identification de la classe moyenne et fournir un socle statistique pour la planification économique.

Un levier pour la transformation économique

‎À travers cet atelier, les autorités entendent enrichir les résultats de l’enquête par des contributions techniques et parvenir à un consensus national sur la définition et la mesure de la classe moyenne congolaise.

‎Dans la dynamique impulsée par la présidence et le gouvernement, le ministère de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME ambitionne de positionner cette catégorie sociale comme moteur central de la transformation économique et sociale du pays.

‎À l’instar des économies émergentes, la RDC mise désormais sur une classe moyenne structurée pour stimuler la consommation intérieure, renforcer l’investissement productif et consolider la cohésion sociale. 

‎Pour Kinshasa, l’enjeu est clair : bâtir un modèle de croissance plus inclusif et durable, capable de soutenir l’ambition d’émergence nationale.