RDC : Félix Tshisekedi remobilise le gouvernement pour intensifier le plaidoyer en faveur de la reconnaissance des génocides congolais

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Félix Tshisekedi à la commémoration du Genocost à Kinshasa

Après le lancement officiel, l’an dernier, de la stratégie nationale de plaidoyer, le président de la République, Félix Tshisekedi, a une nouvelle fois instruit le gouvernement de la République démocratique du Congo à se remobiliser afin d’intensifier les actions en faveur de l’appropriation nationale et de la reconnaissance internationale des génocides perpétrés sur le sol congolais.

Cette directive a été rappelée lors de la réunion du Conseil des ministres tenue le vendredi 30 janvier 2026 à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa, dans un contexte marqué par la poursuite de l’agression attribuée au Rwanda à travers la rébellion de l’AFC/M23, qui occupe de vastes zones des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

À cet effet, le Chef de l’État a instruit le gouvernement, sous la coordination de la Première ministre, de mobiliser notamment les ministres des Droits humains et de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement, ainsi que l’ensemble des institutions et acteurs concernés, afin de conduire ce plaidoyer dans un cadre pleinement coordonné, garantissant la cohérence des messages, l’alignement diplomatique et l’efficacité de l’action aux niveaux national, régional et international, selon le compte rendu de la réunion.

Félix Tshisekedi a insisté pour que ces plaidoyers s’inscrivent dans une démarche rigoureuse, crédible et constante, à la hauteur de la mémoire des victimes et des attentes légitimes du peuple congolais, en vue de la reconnaissance de la vérité historique, de la justice et de la réparation.

« La mémoire des victimes, la dignité de la Nation et l’exigence de justice commandent que ces combats soient menés avec détermination, unité et responsabilité », a-t-il déclaré, annonçant qu’un rapport trimestriel sur la mise en œuvre de cette stratégie est attendu du ministre des Droits humains, afin de permettre au Président d’apporter, en temps utile, les orientations et arbitrages nécessaires.

Dans le même registre, le garant de la Nation et du bon fonctionnement des institutions a rappelé que la République démocratique du Congo demeure confrontée, depuis plusieurs décennies, aux conséquences dramatiques des atrocités de masse perpétrées sur son territoire, particulièrement dans sa partie orientale. Ces violences ont causé la mort de milliers de Congolais, provoqué des déplacements massifs de populations et engendré des souffrances humaines d’une ampleur inacceptable.

Face à ces tragédies, le Président de la République a réaffirmé son engagement à faire connaître, à la face du monde, la réalité des crimes graves commis en RDC, à promouvoir leur appropriation nationale par le peuple congolais et à œuvrer pour leur reconnaissance internationale en tant que génocide.

C’est dans cette optique que, lors des 45ᵉ et 63ᵉ réunions du Conseil des ministres, il avait instruit le gouvernement de doter le pays d’une stratégie nationale de plaidoyer en faveur de la reconnaissance internationale des génocides commis sur le territoire national.

Selon le compte rendu de la réunion, cette stratégie, élaborée sous la conduite du ministère des Droits humains avec l’appui de la Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes et de soutien aux réformes (CIA-VAR), du Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV), ainsi que d’autres acteurs nationaux engagés, constitue une avancée importante. Toutefois, l’enjeu majeur demeure sa mise en œuvre effective, structurée et cohérente, laquelle doit être activée sans délai avec la pleine coopération de l’ensemble des parties prenantes.

Cette option gouvernementale a été réaffirmée à l’occasion de la commémoration du troisième anniversaire du Genocost, le génocide congolais pour des gains économiques, initiée il y a trois ans. Dans un discours prononcé en présence d’ambassadeurs, de diplomates, de membres du gouvernement et d’autres personnalités, le Chef de l’État avait annoncé le lancement imminent d’une campagne politique et diplomatique visant à obtenir la reconnaissance internationale du génocide congolais.

Rappelant que l’ouverture des frontières de la RDC lors du génocide rwandais, à la demande de la communauté internationale, est perçue par Kinshasa comme l’une des causes majeures de l’instabilité persistante dans l’Est du pays, Félix Tshisekedi a exhorté la communauté internationale à assumer son devoir moral et politique en soutenant la démarche de la République démocratique du Congo en faveur de la reconnaissance internationale du génocide congolais.

Clément Muamba