Membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, la République démocratique du Congo a une nouvelle fois réitéré son appel à la réforme de cet organe stratégique de l’ONU, compétent notamment pour constater l’existence d’une menace contre la paix ou d’un acte d’agression. Le Conseil invite les parties à un différend à régler celui-ci par des moyens pacifiques et recommande les méthodes et termes de règlement qu’il juge appropriés. Dans certains cas, il peut imposer des sanctions, voire autoriser le recours à la force pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales.
Devant les ambassadeurs et diplomates réunis ce samedi 31 janvier 2026 au Palais de la Nation, à l’occasion de la cérémonie d’échange des vœux, Félix Tshisekedi a estimé que l’Afrique doit être correctement représentée au sein de cet organe. Selon lui, c’est une opportunité pour promouvoir des décisions qui façonneront le monde dans le domaine de la paix.
"Notre présence au Conseil de sécurité des Nations Unies s’inscrit dans cette même trajectoire. Elle dépasse le cadre d’une ambition nationale : elle traduit les aspirations légitimes de l’Afrique à jouer un rôle central dans la gouvernance mondiale. À ce titre, nous plaidons avec détermination en faveur d’une réforme du Conseil de sécurité, afin que l’Afrique dispose d’une représentation forte, équitable et crédible dans les décisions qui façonnent l’avenir du monde", a déclaré Félix Tshisekedi.
Pour le Président Félix Tshisekedi, cette exigence de paix et de stabilité demeure, de manière constante, au cœur de l'action diplomatique de la République Démocratique du Congo au sein des instances et organisations internationales et africaines
"À ce titre, l’exercice par notre pays de la présidence de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) s’inscrit dans une volonté affirmée de promouvoir le dialogue régional, la confiance mutuelle et des solutions concertées aux défis sécuritaires et politiques de notre espace commun. Dans le même élan, nous intensifions notre action, au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine ainsi qu’au Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies, pour prévenir les conflits et maîtriser les crises. Nous y défendons une approche africaine fondée sur la concertation, le dialogue et la responsabilité collective, et nous réaffirmons que la dignité humaine, comme le respect des droits fondamentaux, doit demeurer la boussole de l’action internationale", a affirmé le Président de la République.
Aux côtés de la RDC, quatre autres pays ont été élus pour la période 2026–2027 : le Libéria, le Bahreïn, la Colombie et la Lettonie. Ils ont remplacé depuis le 1er janvier 2026, l’Algérie, le Guyana, la République de Corée, la Sierra Leone et la Slovénie, dont les mandats étaient arrivés à terme. Ils ont rejoint les cinq membres non permanents déjà en poste dont le Danemark, la Grèce, le Pakistan, le Panama et la Somalie, ainsi que les cinq membres permanents : la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie.
Bien que dépourvus du droit de veto, les membres non permanents jouent un rôle loin d’être symbolique, ils participent aux comités de sanctions, co-présidence de dossiers sensibles et relaient les coalitions régionales, ce qui fait de ces sièges de véritables leviers d’influence diplomatique.
Pays d’Afrique centrale, la RDC a déjà siégé à deux reprises au Conseil de sécurité. Forte de cette expérience, Kinshasa entend apporter une voix africaine résolument engagée en faveur de la paix et du dialogue multilatéral.
Clément MUAMBA