Les États-Unis ont annoncé des sanctions contre la Rwanda Defence Force (RDF) et quatre hauts responsables militaires rwandais dans le cadre du régime de sanctions lié à la République démocratique du Congo (RDC). La décision a été prise par le Department of the Treasury, par l’intermédiaire de son Office of Foreign Assets Control (OFAC), qui les a inscrits sur la liste des « Specially Designated Nationals and Blocked Persons » (SDN).
Les personnes sanctionnées sont Stanislas Gashugi, Ruki Karusisi, Mubarakh Muganga (également connu sous le nom de « MK MUBARKH ») et Vincent Nyakarundi. Selon l’OFAC, Vincent Nyakarundi est chef d’état-major et haut commandant des forces terrestres ; Ruki Karusisi commande la 5e division d’infanterie et a supervisé des opérations spéciales ; Mubarakh Muganga a joué un rôle clé dans la planification et la conduite d’opérations dans l’est de la RDC ; et Stanislas Gashugi dirige les forces d’opérations spéciales depuis mars 2025. Tous sont accusés d’avoir soutenu et encadré des opérations militaires en appui à la rébellion de l’AFC/M23.
Ces sanctions consistent principalement en un gel des avoirs et une interdiction de transactions. Tous les biens et intérêts patrimoniaux des personnes et de l’entité désignées, situés aux États-Unis ou contrôlés par des ressortissants américains, sont bloqués. Les citoyens et entreprises américains ne peuvent plus effectuer de transactions avec elles. De plus, toute entité détenue à 50 % ou plus, directement ou indirectement, par les personnes sanctionnées est également concernée. L’OFAC a toutefois émis une licence générale autorisant, jusqu’au 1er avril 2026, les opérations nécessaires à la cessation progressive des transactions avec la RDF, sous conditions strictes.
Les raisons avancées par Washington reposent sur le soutien des forces rwandaises au Mouvement du 23 mars (M23), un groupe armé déjà sanctionné par les États-Unis et les Nations unies. Ce mouvement contrôle de larges zones des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu et est accusé de graves violations des droits humains et d’avoir provoqué des déplacements massifs de populations civiles dans l’est congolais.