La clinique Panzi de Kinshasa, du docteur et Prix Nobel de la paix 2018 Denis Mukwege, a, à l’occasion du mois de la femme, sensibilisé une centaine d’élèves du lycée sacré-cœur de la Gombe sur la lutte contre les violences sexuelles basées sur le genre auprès des adolescentes.
Le but de cette campagne de sensibilisation qui s’ouvre au lycée sacré-cœur est d’éveiller la conscience des adolescentes qu’en dessous de 18 ans elles n’ont aucun consentement et, par voie de conséquence, tout acte sexuel posé sur elles est constitutif d’une violence sexuelle, punissable par la loi congolaise.
A la Co-modération de cette activité qui a ciblé des élèves de la 7ème et 8ème de cette école de Kinshasa, considérées comme « principales victimes » des abus, Christelle Asifiwe Tabora, activiste pour la lutte contre ce fléau et agente à la clinique Panzi de Kinshasa, a introduit son intervention en définissant la violence sexuelle comme tout acte, attouchement ou pénétration à l’organe sexuelle sans le consentement de la femme, susceptibles de causer des dégâts tant physiques que psychologiques.
Parmi les mesures de lutte contre ces actes, Christelle Asifiwe a invité ces élèves à avoir le courage de dénoncer toutes les avances de rue et dire non face aux allures perverses des personnes de sexe masculin. Elle abordé également l’information comme mesure de prévention de ce fléau, qui nait des simples paroles flatteuses à l’égard des filles mineures.
« Tout acte qui se pose sur elles constitue de la violence sexuelle, quand il touche à leur partie intime ou à leur dignité. Elles ont le droit de dénoncer cela et ont le devoir d’en parle, pour qu’une prise en charge soit prise, même lorsque l’acte n’est pas arrivé à la pénétration physique, mais au traumatisme psychologique. Elles sont aussi le droit d’arrêter tout acte pervers à leur égard », a-t-elle expliqué, insistant sur l’aspect informationnel pour permettre aux personnes de confiance d’être au courant.
Doudou Kalima, psychologue clinicien et consultant à la clinique Panzi de Kinshasa, lui a abordé les conséquences de ce fléau, qui du reste sont d’abord physiques, se manifestant par des maladies sexuellement transmissibles (MST), des virus immuno-humains (VIH), des fistules et des complications gynécologiques ; puis viennent des conséquences psychologiques, qui incluent notamment les traumatismes qui peuvent être transgénérationnel, la nervosité et la peur morbide pathologique persistante, capable d'engendrer des maladies à la longue et des problèmes physiques.
La clinique Panzi de Kinshasa prend gratuitement en charge des femmes victimes de violences sexuelles. Elle annonce la poursuite de cette campagne de sensibilisation dans d’autres écoles de Kinshasa, afin de réduire les cas de violence sexuelle sur les adolescentes, victimes majoritaires.
Samyr LUKOMBO