ONU: à New York, Suminwa dénonce les violations des droits des femmes dans l’Est de la RDC 

70ᵉ session annuelle de la Commission de la condition de la femme
70ᵉ session annuelle de la Commission de la condition de la femme

La Première Ministre, Judith Suminwa prend part à la 70ᵉ session annuelle de la Commission de la condition de la femme (CSW70), qui se tient du lundi 9 au jeudi 19 mars 2026 au siège de l’ONU à New York, sous la présidence du Costa Rica. Il s’agit du plus grand rassemblement annuel des Nations Unies consacré à l’égalité des sexes et aux droits des femmes.

Ces assises interviennent à un moment critique, où l’État de droit est menacé et l’espace démocratique se rétrécit. Par ailleurs, les droits des femmes et des filles continuent d’être bafoués, face à des systèmes judiciaires souvent impuissants à les protéger. Selon ONU Femmes, pour la majorité des femmes et des filles dans le monde, l’égalité juridique reste hors de portée, puisqu’elles ne disposent que de 64 % des droits juridiques des hommes. Ces inégalités ont des conséquences profondes et durables, affectant toute la vie des femmes et se transmettant de génération en génération, avec un impact sur l’ensemble de la société.

Le thème prioritaire de la CSW70, « Garantir et renforcer l’accès de toutes les femmes et de toutes les filles à la justice », vise à mesurer l’impact de l’inégalité juridique sur la vie quotidienne et à recommander des mesures concrètes pour y remédier. L’ONU souligne ainsi l’impératif de former un front commun pour garantir l’égalité, protéger les droits humains et agir pour l’autonomisation de toutes les femmes.

Pour cette 70ᵉ session, de nombreux plaidoyers en faveur des femmes ont été présentés à la tribune de l’ONU pour un monde plus juste, équitable et tourné vers l’avenir. Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a dénoncé la régression des droits des femmes, rappelant qu’elles ne détiennent que 64 % des droits juridiques des hommes.

Droits des femmes et des filles bafoués dans l’Est de la RDC

Judith Suminwa a rappelé qu’alors que la communauté internationale plaide pour les droits des femmes et des filles, celles de son pays continuent de payer le prix d’une agression rwandaise injuste, en particulier dans l’Est du pays.

« Depuis l’agression menée par le Rwanda et soutenue par le groupe M23/AFC, les femmes et les jeunes filles dans les zones touchées subissent des violences graves, des déplacements et une crise humanitaire qui affecte profondément leur vie et leur avenir », a affirmé la Cheffe du Gouvernement congolais.

Elle a rappelé par ailleurs que les conflits n’affectent pas les hommes et les femmes de la même manière. "Les violences faites aux femmes ne doivent être ni invisibilisées ni banalisées. Elles doivent être reconnues et combattues avec détermination », s’est-elle exclamée.

Des réformes en faveur des femmes en RDC

Saisissant l’occasion, elle a également mis en avant plusieurs réalisations de la RDC en matière de défense des droits et de promotion de la femme, en conformité avec le leadership du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, reconnu par ses pairs en Afrique comme un champion de la masculinité positive.

« La participation des femmes dans les sphères décisionnelles est passée de 21 % en 2021 à 32 % en 2024, notamment avec un Gouvernement dirigé pour la première fois par une Première ministre », a-t-elle confié.

Dans le même registre, rapporte la cellule de communication de la Primature, Judith Suminwa Tuluka a renseigné que son pays s’est également engagé à renforcer l’autonomisation économique des femmes en soutenant l’entrepreneuriat et en facilitant leur accès aux opportunités économiques, notamment dans le cadre du Programme de développement local des 145 territoires. À cela s’ajoute la révision du Code de la famille en 2016, qui a supprimé certaines dispositions discriminatoires, notamment l’autorisation maritale qui limitait l’autonomie des femmes. Cette réforme a également établi l’âge légal du mariage à 18 ans pour les filles comme pour les garçons, afin de lutter contre les mariages précoces.

Selon toujours la source citée, cette dynamique répond aux priorités de son gouvernement qui est déterminé à poursuivre ses efforts pour renforcer les droits des femmes, considérés comme un pilier essentiel d’une société juste et inclusive.Devant la Commission de la condition de la femme et les dirigeants du monde, elle a affirmé que cette journée dédiée aux droits des femmes invite les États membres de l’ONU à mesurer l’écart entre les engagements et les réalités vécues par des millions de femmes dans le monde, en particulier celles qui subissent les violences les plus extrêmes dans les zones de conflit, trente ans après la Déclaration et le Programme d’action de Beijing.

Pour elle, l’heure est à la responsabilité collective afin que la communauté internationale transforme ses engagements en actions concrètes pour bâtir un avenir où l’égalité, la justice et la paix deviennent une réalité pour toutes et tous. 

« L’égalité entre les femmes et les hommes ne peut être un principe proclamé dans les textes ; elle doit devenir une réalité vécue dans la vie quotidienne de chaque femme et de chaque fille », a-t-elle conclu.

La Commission de la condition de la femme (en anglais « Commission on the Status of Women » - CSW) est la principale instance intergouvernementale mondiale et le plus grand rassemblement onusien annuel dédié à la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes et des droits des femmes et des filles. Elle a été créée en 1946 par une résolution du Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC). Son secrétariat est assuré par ONU Femmes, l’agence des Nations unies consacrée à l’égalité entre les femmes et les hommes et à l’autonomisation des femmes et des filles.

Clément MUAMBA