Walikale: des multiples barrières tenues par les FARDC et les wazalendo à la base de l’insécurité et des tracasseries insoutenables sur l’axe Kibua-Limangi 

Bukavu, Goma, Walikale et Kitshanga sur la carte
Bukavu, Goma, Walikale et Kitshanga sur la carte

La situation sécuritaire sur l’axe routier Kibua-Limangi, dans le groupement Ihana (territoire de Walikale) au Nord-Kivu, ne cesse de se détériorer. Les barrières de contrôle érigées sur cette route stratégique sont aujourd’hui dénoncées comme de véritables lieux de tracasseries, exposant la population civile à de graves abus, avec un risque réel de pertes en vies humaines.

Selon Mwami Kitwana Ngulu Séraphin, chef du groupement Ihana, ces barrières, censées garantir la sécurité des usagers, se sont progressivement transformées en points de perception illégale d’argent par des éléments Wazalendo et FARDC. Les taximen motos, commerçants et autres voyageurs sont contraints de payer des sommes exigées de manière arbitraire, sans aucun fondement légal ni délivrance de quittance.

"Le montant exigé n’est pas fixe. Il varie selon l’humeur du combattant ou de l’élément armé rencontré à la barrière. Celui qui refuse de payer ou qui n’a pas d’argent s’expose à des menaces, des coups, voire la mort", a dénoncé Mwami Kitwana Ngulu Séraphin.

Le chef coutumier souligne que ces pratiques instaurent un climat de peur permanent au sein de la population locale. De nombreux habitants hésitent désormais à emprunter cet axe vital pour les échanges économiques et sociaux dans ce groupement, contribuant davantage à l’enclavement de la zone et à la dégradation des conditions de vie des communautés locales.

Mwami Kitwana Ngulu Séraphin met également en garde contre un risque imminent de morts d’hommes, estimant que la brutalité observée à certaines barrières pourrait, à tout moment, dégénérer en drames humains si aucune mesure urgente n’est prise.

Face à cette situation préoccupante, il lance un appel pressant aux autorités compétentes, en particulier aux responsables militaires, afin de mettre fin aux tracasseries routières, démanteler et contrôler les barrières illégales, assurer la protection effective des civils et rétablir la libre circulation des personnes et des biens sur l’axe Kibua–Limangi.

La population locale, pour sa part, espère une intervention rapide et ferme de l’État, afin que cette route cesse d’être un couloir de souffrance et redevienne un véritable levier de développement, de sécurité et de cohésion sociale pour la région.