La France a apporté son soutien à la réunion de haut niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix en République démocratique du Congo, tenue du vendredi 16 au samedi 17 janvier 2026 à Lomé, au Togo. Ce processus demeure toutefois dominé par celui de Washington, qui prend en charge le différend entre Kinshasa et Kigali, ainsi que par celui de Doha, consacré à la crise opposant Kinshasa à la rébellion de l’AFC/M23.
Initiée par Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil des ministres de la République togolaise et médiateur principal désigné par l’Union africaine (UA) pour l’Est de la RDC, cette réunion de haut niveau avait pour objectif de renforcer la confiance, de faire progresser le dialogue et de veiller au respect des engagements pris par les différentes parties prenantes.
Cette initiative, qui a réuni autour d’une même table un panel de facilitateurs composé d’anciens chefs d’État, du ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, des dirigeants de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), ainsi que d’autres partenaires, s’inscrit dans le prolongement des efforts internationaux récents en faveur de la paix dans l’Est de la RDC.
"A Lomé, le Togo organise aujourd'hui une réunion de coordination des efforts de paix dans la région des Grands Lacs. Plein soutien à cette initiative du Président du Conseil du Togo. La France appelle à une désescalade immédiate en RDC et à la poursuite de la mobilisation des partenaires pour répondre à l'urgence humanitaire", a réagi sur son compte X le Ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.
Cette rencontre intervient près de deux mois après la Conférence de soutien à la paix et à la prospérité dans la région des Grands Lacs, organisée par la France en étroite coordination avec le Togo, médiateur de l’Union africaine pour la région des Grands Lacs. Cette conférence avait pour objectif principal de mobiliser la communauté internationale afin de répondre à l’urgence humanitaire dans l’Est de la RDC et dans l’ensemble de la région.
Elle a également constitué une occasion de soutenir la dynamique de négociation et de médiation en cours, portée par les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine. C’est dans ce contexte que le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a réaffirmé l’engagement de la France quant au respect des engagements pris à l’issue de ces assises.
"Les engagements pris à Paris le 30 octobre seront tenus", a rassuré par le même canal le chef de la diplomatie française.
Cette session de travail a été précédée d’une réunion préparatoire ayant permis d’examiner et de valider les projets de documents à soumettre par le Médiateur, afin d’éclairer les délibérations de la réunion de haut niveau prévue le samedi 17 janvier 2026. Plus spécifiquement, la session s’est concentrée sur la consolidation de l’architecture du processus africain unifié de paix, placé sous la direction de la médiation de l’Union africaine, sur la clarification du rôle et des modalités de fonctionnement du Secrétariat conjoint indépendant en tant que mécanisme d’appui aux facilitateurs, ainsi que sur l’examen et la validation de la feuille de route de la médiation.
Selon les informations disponibles, aucune nouvelle initiative de paix n’a été annoncée à l’issue de cette rencontre. Les participants ont toutefois décidé de renforcer, en 2026, la médiation africaine à travers la désignation de cinq cofacilitateurs, tous anciens chefs d’État africains. Des missions sont prévues dans les prochains jours, notamment à Kinshasa, Kigali, Kampala et Gitega, afin d’accélérer la mise en œuvre des engagements pris par les différentes parties.
Cette démarche intervient dans un contexte où, malgré l’implication du président américain Donald Trump et l’accélération apparente du processus de Washington, matérialisée par l’entérinement des accords par les présidents de la République démocratique du Congo et du Rwanda, Félix Tshisekedi et Paul Kagame, la situation sur le terrain peine à s’améliorer. Kinshasa et Kigali ne parviennent pas toujours à parler le même langage, et les tensions persistent sur fond d’accusations mutuelles de non-respect des engagements pris dans le cadre des initiatives diplomatiques en cours, en particulier le processus de Washington sous l’égide de l’administration Trump.
Il en est de même pour les discussions de Doha, menées sous l’égide de l’Émir du Qatar, entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, qui peinent à produire des résultats concrets sur le terrain. Ces négociations, censées compléter les accords de Washington en s’attaquant aux causes profondes du conflit notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés restent au point mort. Plusieurs mesures convenues, notamment depuis la publication du communiqué conjoint d’avril dernier, la signature du mécanisme de cessez-le-feu, de la déclaration de principes, et plus récemment de l’accord-cadre, n’ont toujours pas été mises en œuvre.
Faure Essozimna Gnassingbé a succédé à João Manuel Gonçalves Lourenço comme médiateur désigné par l’Union africaine dans le conflit sécuritaire à l’est de la RDC, après validation de sa nomination par les instances de l’organisation panafricaine. Il est appelé à travailler en coordination avec les facilitateurs du processus de paix fusionné de Luanda et de Nairobi, conformément aux décisions issues du sommet conjoint virtuel de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), tenu le 24 mars 2025.
Clément MUAMBA