Ituri : trois éléments de FARDC, un civil et six receleurs maîtrisés à Bunia à l’issue d’une série d’opérations face à la recrudescence du banditisme et criminalité urbains

Photo d'illustration
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La ville de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, est confrontée à la montée de banditisme urbain et d’actes de criminalité. Au cours de l’année 2025, plusieurs cas issus de ces actes ont été enregistrés, dont assassinat, braquage en pleine ville. Le récent cas remonte dimanche 11 janvier dernier avec le meurtre d’un motard autour de 21heures. 

En vue d’y faire face, les services de sécurité de la ville ont annoncé une série d’opérations, pour remédier à ce drame qui guette la population de cette contrée. Les premières actions menées ont déjà permis l’arrestation de quatre suspects, dont trois militaires de Forces armées de la RDC, un civil, ainsi que six receleurs, a annoncé Abeli Mwangu Gérard, Commandant urbain de la Police Nationale Congolaise en ville de Bunia. Il souligne que ces cas de banditisme se sont accentués à la période de fin de l’année 2025 et début du nouvel an 2026. 

« Les services de sécurité mène une série d’opérations à l’issue desquelles ils ont pu maitriser ou arrêter quatre suspects dont trois militaires et un civil, ainsi que six receleurs, impliqués d’une manière directe dans le meurtre d’un taximan en date de 11 janvier 2026 vers 21heures. En effet, les investigations sont en cours par les services spécialisés », a confié le Commandant urbain de Bunia.

Avant d’ajouter:

« Ladite action s’inscrit dans le cadre des efforts renforcés de la PNC pour lutter contre l’insécurité urbaine, notamment les braquages, vols à main armée, pillages et autres formes de délinquance qui affectent la vie des citoyens et la sécurité des biens de la population ».

Cette série d’opérations, qui porte déjà ses fruits, va se poursuivre, reste donc à la Justice de se saisir des personnes arrêtées pour qu’elles répondent de leurs actes. 

« Ainsi, toute personne impliquée d’une manière ou autre dans différents cas, sera traqué jusqu’à son dernier retranchement et sera mis à la disposition de la Justice sans aucune impunité », prévient-t-il. 

Un autre cas tragique qui marque l’insécurité grandissante dans cette ville, est celui de l’assassinat de Thierry Banga Lole, journaliste à la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC). Ce journaliste a été abattu à son domicile par des individus non identifiés dans la nuit de 29 au 30 décembre 2025.

Cet assassinant a laissé sous le choc la population de Bunia, en particulier les journalistes œuvrant dans cette contrée, qui ont suspendu ensuite toutes leurs activités pendant trois jours, conformément à un appel lancé par l’association de défense des droits des journalistes. Au 1er janvier 2026, soit deux jours après ce meurtre, la police de Bunia a annoncé avoir capturé deux de quatre suspects impliqués dans cet acte odieux. 

En juillet 2025, plusieurs cas de meurtre ont été enregistrés. Trois personnes, dont une femme et deux hommes, ont d’abord été assassinées en pleine ville, et 14 blessés. Bunia est une ville entourée par des régions qui traversent une sérieuse crise de l’insécurité due aux groupes armés, ce qui fait qu’elle est fortement influencée.  En juillet, soit quatre jours après ce forfait, un carnage des civils s’est déroulé à Komanda, plus de 40 civils ont été lâchement abattus par des terroristes ADF dans un lieu de culte.

Début 2025, la ville a vu naître à Kampala un mouvement paramilitaire dénommé la « Convention pour la révolution populaire » (CRP), dirigée par Thomas Lubanga, ancien condamné de la Cour pénale internationale. Ce mouvement œuvre à environ 95 kilomètres à Bule. Des sources onusiennes font état d’au moins 25 civils tués et de plus de 40 blessés le mois dernier à Bule et dans ses environs, suite aux combats, 23 blessés graves ont été transférés à l’hôpital Salama à Bunia, et 22 autres pris en charge à Fataki.

De ce fait, les besoins humanitaires deviennent également pressants. Selon OCHA, plus de 87 000 déplacés internes restent inaccessibles à l’aide humanitaire. Les autorités locales signalent par ailleurs 17 décès supplémentaires liés aux conditions de vie, entre le 5 et le 29 décembre.

Jean-Baptiste Leni