En 2025, la RDC a enregistré 626 incidents affectant les acteurs humanitaires, le Nord-Kivu demeure la province la plus touchée avec 290 incidents soit 46 % (OCHA)

La Croix-Rouge recense les déplacés de Lowa à leur arrivée à Ubundu/Ph Ernest Mukuli.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a publié son bulletin du mois de décembre 2025 relatif aux incidents visant les travailleurs humanitaires en République démocratique du Congo en général, et en particulier dans l’Est du pays, une région confrontée depuis plusieurs décennies à l’activisme de groupes armés locaux et étrangers, ainsi qu’à la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda.

Selon ce document consulté par ACTUALITE.CD ce jeudi 8 janvier 2026,  en décembre 2025, 48 incidents affectant les acteurs humanitaires ont été recensés dans l’Est de la RDC, contre 39 incidents en novembre. Parmi ces 48 incidents, 24 (50 %) ont été enregistrés au Sud-Kivu, 12 (25 %) au Nord-Kivu, 6 (13 %) en Ituri, 3 (6 %) au Tanganyika et 3 (6 %) au Maniema.

"Cette augmentation témoigne d'une nouvelle dégradation du contexte opérationnel, notamment au Sud-Kivu, en cette fin d'année. Depuis janvier 2025, 626 incidents affectant les acteurs humanitaires ont été signalés à l'échelle nationale. Le Nord-Kivu demeure la province la plus touchée avec 290 incidents (46 %), suivi du Sud-Kivu avec 177 (28 %), de l'Ituri avec 89 (14 %), du Tanganyika avec 48 (8 %) et du Maniema avec 22 (4 %)", explique le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies.

Cette répartition confirme la persistance de contraintes d'accès, particulièrement marquées au Sud-Kivu, suite aux changements de positions en première ligne en décembre. Par rapport à la tendance annuelle, décembre affiche une proportion plus élevée d'incidents au Sud-Kivu (50 % contre 28 % en moyenne annuelle), tandis que la part des incidents au Nord-Kivu a diminué (25 % contre 46 % en moyenne annuelle).

"La typologie des incidents en décembre est restée similaire à celle des mois précédents. Les cambriolages, vols et intrusions ont représenté 36 % des incidents, les entraves et restrictions de circulation 34 %, et les actes d'intimidation, menaces ou agressions physiques 27 %, témoignant d'une pression constante sur les opérations humanitaires", précise OCHA.

Depuis le début de l’année dernière, l’escalade du conflit et l’intensification des attaques de la rébellion AFC/M23, appuyée par le Rwanda au Nord et au Sud-Kivu, ont déplacé des centaines de milliers de personnes, aggravant une crise humanitaire déjà critique. Les violences ont fait des centaines de morts et des milliers de blessés, tandis que les routes coupées et l’insécurité généralisée compliquent davantage l’accès des humanitaires aux populations vulnérables.

Malgré ces conditions difficiles, les acteurs humanitaires poursuivent leurs opérations vitales en négociant l’accès aux zones affectées et en fournissant des soins médicaux d’urgence, une aide alimentaire et d’autres formes d’assistance essentielle. L’ONU insiste sur l’urgence de garantir un accès humanitaire rapide, sécurisé et sans entrave, en levant tous les obstacles encore persistants.

En dépit des avancées annoncées dans le cadre des initiatives de médiation notamment le processus de Washington piloté par les États-Unis pour le dossier RDC–Rwanda, ainsi que l’implication du Qatar dans la crise opposant la RDC à la rébellion AFC/M23, la situation sur le terrain peine à s’améliorer. Face à ce constat, de nombreuses voix appellent les parties prenantes à respecter leurs engagements dans les différents accords et déclarations signés, afin de faire taire les armes et offrir enfin une chance à la paix après près de trois décennies de conflit.

Clément Muamba