Caricature : des drones dans le ciel de l’aéroport de Kisangani

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Caricature Kash/ACTUALITE.CD

L’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 mars (AFC/M23) a revendiqué les attaques de drones qui ont visé l’Aéroport international de Kisangani-Bangboka dans la province de la Tshopo. Dans un communiqué, la rébellion affirme avoir mené une opération ciblée pour neutraliser des drones qui auraient été destinés à frapper ses positions et à attaquer des civils près de Kisangani. Elle soutient que cette action relevait d’un « devoir patriotique » visant à protéger les populations.

Selon des sources locales et les autorités provinciales, quatre drones ont été neutralisés au-dessus de l’aéroport. Une première tentative d’attaque a été déjouée vers 15 heures, avant l’interception de trois autres drones kamikazes entre 17 heures et 19 heures. Des débris ont endommagé certaines vitres des installations aéroportuaires, mais aucune victime ni perturbation de la tour de contrôle n’ont été signalées. Le gouverneur de la Tshopo a accusé la rébellion et le Rwanda d’être à l’origine de ces attaques.

Le rapport mensuel de l’Institut Ebuteli souligne toutefois une intensification des frappes de drones dans l’est de la RDC, impliquant aussi les forces gouvernementales. Début janvier, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont mené une frappe par drone dans le territoire de Masisi, causant la mort de sept civils et faisant plusieurs blessés. D’autres frappes ont également visé des positions du M23 à Walikale et à Uvira, entraînant des pertes parmi les civils, les combattants et les cadres rebelles.

Ces attaques ont suscité l’inquiétude de l’Union africaine, dont le président de la Commission, Mahmoud Ali Youssouf, a condamné l’attaque contre l’aéroport de Kisangani, estimant qu’elle met en danger les civils et viole le droit international humanitaire. Malgré les accords de Washington conclus entre Kinshasa et Kigali et la reprise des négociations de Doha, les combats se poursuivent dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, tandis que les deux parties continuent de s’accuser mutuellement de violer leurs engagements.