Le deuxième vice-président du Sénat, Bahati Lukwebo revient une semaine après pour clarifier ses propos tenus au cours d’un point de presse au cours duquel il s’est notamment prononcé sur le changement ou la modification de la constitution. Dans un message écrit, Lukwebo clame avoir mal été compris en répondant à une question « hors sujet » d’un journaliste.
« Ma réponse a été mal comprise lorsque je disais qu'il faut d'abord changer de mentalités avant de changer la Constitution et donc le problème des textes ne se pose pas mais c'est plutôt un problème d'application par les hommes. Nulle part, il est sorti de ma bouche que je m'opposais à la modification de la Constitution. J'avais plutôt suggéré qu'on en débatte dans le cadre de l'Union sacrée de la Nation », explique-t-il.
Pour lui, « certains se sont accrochés à quelques passages, les sortant de leur contexte ». M. Lukwebo était interrogé ce jour-là sur un slogan largement vulgarisé ces derniers temps par les sympathisants du pouvoir qui affirment que « Tshisekedi n’a pas de mandats, mais plutôt de mission », sollicitant la prolongation de son bail à la tête du pays. En réaction, Lukwebo affirmait qu’il considère le Chef de l’État comme un républicain disposant d’un mandat qui s’achève en 2028, avant d’envisager toute autre possibilité.
« … Lorsqu'ils disent que le Président de la République n'a pas des mandats mais le Président a une mission illimitée, moi j'ai dit que ça n'engage que leurs responsabilités, moi je suis républicain, je sais que le Président a un mandat jusqu'en 2028 mais ensuite nous allons l'examiner mais pour le moment, le Président lui-même reste républicain, il respecte la constitution, c'est la base légale de toute action en République Démocratique du Congo donc il ne faut pas suivre les courtisans et parmi ces courtisans il y a même des collègues professeurs, nous venons de dénoncer ce comportement là des collègues c'est-à-dire vous pouvez chercher l'emploi, à manger, vous pouvez tout chercher la science doit être protégée », avait-il réagi.
Depuis, des réactions fusent de tous bords au sein de l’Union sacrée, condamnant les propos de Lukwebo qualifiés de rejet ou d’opposition au changement ou à la modification de la constitution.
Le lendemain, une pétition a été initiée par le sénateur Dany Kabongo qui a déploré des propos « incorrects » et « un manque de respect » au président Tshisekedi. La pétition continue d’enregistrer les signatures. Ce lundi 9 mars, l’initiateur de la pétition faisait état de 37 signatures déjà recueillies. Entre-temps, la session ordinaire dans les deux chambres du Parlement s’ouvre le 15 mars.