Le président congolais Félix Tshisekedi a effectué jeudi une visite de travail à Luanda, à l’invitation de son homologue angolais João Lourenço, président de l’Angola et président en exercice de l’Union africaine, a annoncé la présidence de la République démocratique du Congo.
Cette visite s’inscrit dans la suite de la rencontre entre les deux chefs d’État le 4 janvier dernier dans la capitale angolaise. Selon la présidence congolaise, les échanges ont porté sur « l’examen des initiatives en cours visant le rétablissement durable de la paix dans l’est de la RDC », dans le cadre des processus de Washington et de Doha.
Le 4 janvier, Félix Tshisekedi s’était déjà entretenu à Luanda avec João Lourenço dans un contexte de forte dégradation sécuritaire dans l’est du pays. Arrivé en début d’après-midi pour une visite de quelques heures, le chef de l’État congolais était rentré le jour même à Kinshasa. Il avait alors indiqué aux journalistes que l’objet principal de sa visite était « lié à la paix dans l’est de la République démocratique du Congo ».
Selon Félix Tshisekedi, son homologue angolais lui avait soumis « quelques propositions » jugées « très intéressantes » et susceptibles « d’apporter beaucoup » à la recherche d’une solution pacifique, tout en soulignant que la situation sur le terrain restait celle « d’une guerre qui nous a été imposée ».
Cette séquence diplomatique intervient au lendemain de l’entérinement des accords de Washington entre Kinshasa et Kigali, en présence du président américain Donald Trump, et alors que les combats se sont intensifiés dans l’est de la RDC. La rébellion de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), que Kinshasa affirme être soutenue par le Rwanda, a récemment pris le contrôle de la ville stratégique d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu.
Depuis la signature de ces accords, Félix Tshisekedi multiplie les consultations régionales. Le 20 décembre, il avait dépêché à Brazzaville son ambassadeur itinérant Antoine Ghonda Mangalibi afin d’informer le président congolais Denis Sassou Nguesso des dernières évolutions sécuritaires et humanitaires dans l’est de la RDC.
« Immédiatement après la signature des accords à Washington, la rébellion de l’AFC/M23 a repris les hostilités avec le soutien du Rwanda », avait déclaré Antoine Ghonda Mangalibi, dénonçant une violation des engagements pris. La prise d’Uvira, considérée comme un verrou stratégique ouvrant l’accès vers le Grand Katanga, a renforcé l’influence de la rébellion dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.
Sous pression de la communauté internationale, notamment des États-Unis, l’AFC/M23 a annoncé un retrait unilatéral de ses forces d’Uvira, une annonce accueillie avec scepticisme par le gouvernement congolais et les Forces armées de la RDC. Lors d’une récente réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, Washington a appelé la rébellion à se retirer à au moins 75 kilomètres de la ville.
La dégradation de la situation sécuritaire a provoqué des déplacements massifs de populations vers le Burundi, aggravant la crise humanitaire dans la région.
Dans ce contexte, une réunion ministérielle régionale consacrée à la situation sécuritaire dans l’est de la RDC se tient du 8 au 10 janvier à Livingstone, en Zambie, à l’initiative de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Douze ministres de la Défense et des chefs d’état-major des pays membres sont attendus, sous la présidence du ministre zambien de la Défense, Ambrose Lwiji Lufuma.