Trois pays africains siègent actuellement au Conseil de sécurité des Nations unies (la Somalie, la République démocratique du Congo et le Libéria) avec une ambition affichée : défendre le multilatéralisme et le respect du droit international dans une enceinte de plus en plus polarisée.
Ces trois États forment le groupe des A3, chargé de porter et de coordonner les positions africaines au sein de l’organe le plus politique de l’ONU. Chacun arrive toutefois avec son histoire, son vécu et ses priorités.
Pays sorti de conflit et longtemps accompagné par une mission onusienne, le Libéria dit vouloir aujourd’hui partager son expérience. À New York, son ambassadeur à l’ONU, Lewis Garseedah Brown II, insiste sur une diplomatie de consensus et une vision globale de la paix, affirmant que si le siège est africain, la parole se veut universelle.
De son côté, la République démocratique du Congo arrive au Conseil avec le poids de crises prolongées, notamment dans la région des Grands Lacs. Kinshasa entend mettre au cœur des débats le lien entre ressources naturelles, gouvernance et conflits, et rappeler l’importance de programmes crédibles de désarmement, de démobilisation et de réintégration pour une paix durable.
La Somalie, pour sa part, assure la présidence tournante du Conseil de sécurité pour le mois de janvier. Elle pilote un agenda chargé, avec des briefings et consultations sur le Moyen-Orient (Syrie, Yémen, territoires palestiniens et Liban) mais aussi sur Haïti, le Soudan, Chypre, la Colombie et le Venezuela. Deux débats de haut niveau sont également prévus, dont l’un consacré à l’État de droit dans le maintien de la paix.
Dans ce contexte, le Conseil de sécurité tient ce lundi 5 janvier une session consacrée au Venezuela, inscrite à l’ordre du jour sous l’intitulé « Menaces contre la paix et la sécurité internationales », lors de sa 10085e séance.
Les trois pays africains affirment avancer avec une même boussole : le respect de la Charte des Nations unies. Mais leurs priorités reflètent leurs expériences nationales, dans un contexte marqué par de fortes tensions géopolitiques.
Élue membre non permanent pour le mandat 2026-2027, la RDC présidera le Conseil de sécurité au mois de juillet 2026, tandis que le Libéria en assurera la présidence en décembre 2026. En ce début d’année, la Somalie coordonne également les positions des A3 au premier trimestre 2026.
Reste une question centrale pour ces pays africains : quelle marge de manœuvre réelle face aux grandes puissances, notamment les États-Unis, et jusqu’où défendre le principe de non-ingérence sans fragiliser des partenariats sécuritaires, économiques ou diplomatiques.