La ministre des Droits Humains, Chantal Chambu a appelé le Conseil des droits de l’homme de l'ONU à appuyer "considérablement" la mission d’établissement des faits du Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme afin de mettre fin à l’impunité des crimes et violations des droits de l’homme commis dans l’Est de la RDC. Cet appel a été lancé ce mardi 1er avril à Genève (Suisse) lors de la réunion du Conseil consacrée à la situation sécuritaire et humanitaire en RDC.
"Dans l'Est de mon pays, la population civile vit dans l'angoisse et la peur au quotidien. Il y a donc urgence à appuyer considérablement la mission d'établissement des faits du Haut Commissariat des Nations-Unies sur la situation dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu afin de la rendre véritablement opérationnelle et efficace pour le soulagement général des populations congolaises profondément meurtries mais toujours résilientes", a déclaré la ministre congolaise des Droits Humains.
Le gouvernement congolais salue l'appel à contribution lancé en ligne par la mission du Haut-commissariat et encourage les victimes à remplir les formulaires de dénonciation mise en ligne.
Se basant sur les chiffres communiqués précédemment par la première ministre Judith Suminwa, la ministre a rappelé que depuis janvier 2025, rien que dans la province du Nord-Kivu, plus de 7.000 personnes ont été tuées et 90 sites d’accueil pour personnes déplacées ont été détruits.
Face à ce tableau sombre de la situation sécuritaire et humanitaire dans l'Est de la RDC, la ministre des Droits Humains Chantal Chambu Mwavita a exhorté la communauté internationale à se mobiliser davantage. La déléguée du gouvernement salué à ce titre les sanctions prises contre le Rwanda par certains pays et organisations internationales, tout en appelant à des actions plus concrètes pour mettre fin à l’occupation des territoires congolais.
À l'instar de la Cour Pénale Internationale (CPI) qui a lancé il y a peu, l'appel à témoins, la Mission d’établissement des faits du Haut-Commissariat des Nations-Unies aux droits de l'homme (HCDH) sur la situation dans les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu de la RDC a également lancé au mois de mars de l'année en cours l'appel à contributions et invite les individus, groupes et organisations à soumettre d'informations et documents pertinents pour son mandat.
La Mission d’établissement des faits s'est dit intéressée par toute information relative aux allégations de violations et d’atteintes aux droits de l'homme et de violations du droit international humanitaire (DIH), y compris celles affectant les femmes et les enfants, ainsi que celles impliquant des violences sexuelles et basées sur le genre, commises dans le cadre des récentes et actuelles escalades des hostilités dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies avait adopté vendredi 7 février, par consensus, une résolution ordonnant la création d’une mission d’établissement des faits et d’une commission d’enquête indépendante sur les graves violations des droits de l’homme commises dans l’est de la République démocratique du Congo.
Cette décision, prise à l'issue de la 37ᵉ session extraordinaire du Conseil, fait suite à l’escalade des violences dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. La résolution exige que le Mouvement du 23 mars (M23) mette fin immédiatement à toutes ses actions hostiles et se retire des zones qu’il occupe actuellement. Elle appelle également la Force de défense rwandaise à cesser tout soutien au M23 et à se retirer « instamment » du territoire congolais.
Clément MUAMBA