RDC-Butembo : Judith Suminwa condamne la mort de deux travailleurs humanitaires de l'ONG Tearfund

Judith Suminwa Tuluka
Judith Suminwa Tuluka

Deux agents humanitaires ont été tués au cours d’une attaque des personnes non-identifiées contre un convoi de l’ONG Tearfund dans la nuit de dimanche à lundi 1er juillet dans les environs de Butembo (Nord-Kivu). Cinq jeeps 4x4 de cette organisation humanitaire ont été incendiées.

Le gouvernement de la République Démocratique du Congo par le biais de la première ministre Judith Suminwa Tuluka a exprimé son " indignation" et “condamné” cette nouvelle attaque. Dans sa communication lors de la 4e réunion du conseil des ministres, des nouvelles instructions ont été données aux ministres de l'intérieur et de la justice pour des dispositions nécessaires.

"La première ministre a condamné au nom du gouvernement cette attaque qui a conduit à la mort de deux agents de l'organisation non gouvernementale Tearfund. La première ministre a demandé au ministre d'État, ministre de la justice et garde des sceaux d'une part de s'assurer qu'une enquête soit ouverte pour faire la lumière sur cette attaque et d'autres part au VPM, ministre de l'intérieur de s'assurer de toujours appuyer les humanitaires dans le cadre de leurs missions" rapporte le compte rendu de la réunion.

Bien avant, les dirigeants de l'organisation non gouvernementale Tearfund avaient aussi condamné cette attaque contre ses deux travailleurs qui voyageaient dans un convoi à Butembo en provenance de Lubero.

"Je suis profondément bouleversé par la mort récente de deux de nos travailleurs humanitaires en République démocratique du Congo. Notre personnel travaille avec abnégation pour servir les communautés vivant dans la pauvreté. Cette nouvelle est un choc énorme pour nous tous à Tearfund. Tearfund condamne cette horrible attaque contre le personnel humanitaire. Notre priorité est désormais d'apporter un soutien aux familles de nos collègues décédés pendant cette période incroyablement difficile. Nous travaillons également avec les autorités locales pour assurer la sécurité de notre personnel encore présent dans le pays", avait déclaré  Nigel Harris, PDG de Tearfund dans un communiqué de rendu public sur son site internet.

Depuis le début de l'année, plus de 170 incidents sécuritaires ont directement ciblé les travailleurs humanitaires, causant au moins quatre morts et 20 blessés. Plusieurs organisations humanitaires ont quitté Lubero depuis l’aggravation des combats. Cette situation pourrait avoir des conséquences humanitaires dans la région qui enregistre de nombreux déplacés.

Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA), la province du Nord-Kivu abrite au total 2,8 millions de personnes, dont environ 518 000 qui étaient déjà déplacées dans le territoire de Lubero suite à la reprise des combats dans les territoires de Rutshuru et Masisi en mars 2024.

Clément MUAMBA