Est de la RDC : la persistance du conflit armé continue de peser sur les finances publiques, le FMI attend des mesures correctives connexes dans le projet de loi de finances rectificative de l’exercice 2026 

Les rebelles du M23 dans la ville de Bukavu
Les rebelles du M23 dans la ville de Bukavu

La guerre opposant la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, aux forces gouvernementales, ainsi que l’occupation de vastes portions des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu dans l’est de la République démocratique du Congo, continue de peser lourdement sur les finances du pays. C’est ce que souligne le Fonds monétaire international (FMI) à l’issue des discussions relatives à la troisième revue du programme économique et financier soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC), ainsi qu’à la deuxième revue du programme de lutte contre le changement climatique appuyé par la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).

Selon le communiqué final sanctionnant la fin de la mission menée en RDC du 23 avril au 6 mai 2026, le plafond du déficit budgétaire a été dépassé. Cette institution financière internationale, partenaire de la RDC, attend des mesures correctives dans le projet de loi de finances rectificative de l’exercice 2026, qui sera prochainement déposé au Parlement.

"La persistance du conflit armé dans l'est de la RDC continue de peser sur les finances publiques, notamment en raison de l'intensification des initiatives de mobilisation diplomatique et socio-politique suite à la prise d' Uvira par les rebelles de l'AFC/M23 en décembre 2025. De ce fait, le plafond du déficit budgétaire intérieur à fin décembre 2025 a été dépassé de 0,6 point de pourcentage du PIB, malgré des recettes fiscales importantes", note la mission du FMI.

Ce projet de loi de finances rectificative de l’exercice 2026 devra tenir compte de la première émission d’euro-obligations, ainsi que des mesures d’atténuation destinées à faire face à la crise au Moyen-Orient, qui continue d’impacter négativement le secteur de l’énergie à l’échelle mondiale, notamment en raison des tensions autour du détroit d’Ormuz.

"Des mesures correctives connexes, axées sur le renforcement de la mobilisation des recettes intérieures et l'intensification des efforts de rationalisation des dépenses non prioritaires, seront au cœur du budget rectificatif 2026, qui comprendra également des investissements supplémentaires financés par la première émission d'euro-obligations récemment réalisée et des mesures visant à atténuer les répercussions du conflit au Moyen-Orient", ajoute le FMI.

Alors que le round de négociations tenu à Montreux, en Suisse, du 13 au 17 avril 2026, entre des représentants du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), en présence de représentants des États-Unis d’Amérique, de l’État du Qatar et de la République du Togo (en tant que médiateur de l’Union africaine), était perçu comme une opportunité de relancer le processus de Doha, en suspens depuis la signature de l’Accord-cadre en novembre 2025 et des termes de référence du Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu en février 2026, la réalité sur le terrain demeure inchangée, sans résultats concrets dans la mise en œuvre des engagements convenus en Suisse.

Ce constat intervient après l’expiration du délai de dix jours convenu par les parties pour procéder à la libération des prisonniers, mesure destinée à renforcer la confiance. Passé ce délai, aucun prisonnier n’a été libéré, en dépit de la bonne volonté affichée par les différents protagonistes, notamment la rébellion de l’AFC/M23 et Kinshasa. Cette impasse diplomatique continue d’avoir un impact négatif sur la situation sécuritaire, marquée par la poursuite des combats dans l’est de la République démocratique du Congo.

Parallèlement, depuis la signature du communiqué conjoint de Montreux, comme lors des précédents rounds de discussions tenus à Doha, la situation reste caractérisée par des accusations mutuelles de violations du cessez-le-feu et de non-respect des engagements. Il en est de même pour le processus de Washington, où des réunions se tiennent régulièrement sans avancées concrètes sur le terrain, Kinshasa comme Kigali interprétant les dispositions de l’accord selon leurs propres lectures, ce qui rend difficile sa mise en œuvre effective.

Clément MUAMBA