Répression de la marche des médecins: Mukwege choqué, des mouvements citoyens se joignent également à la lutte des médecins 

1
Photo d'illustration

Denis Mukwege se dit « choqué par les images de la violente répression survenue à Kinshasa contre les médecins manifestants du Syndicat National des Médecins de la RDC (SYNAMED). « Manifester n’est pas un crime et ne devrait jamais être réprimé par la Police nationale congolaise (PNC) qui doit garantir aux citoyens le libre exercice de leurs droits fondamentaux », dit-il. Le prix Nobel de la paix réagissait à la répression mercredi 21 septembre 2022, de la marche organisée après près de deux mois de grève. 

« Nous condamnons avec force et vigueur la répression brutale et inouïe opérée par la Police Nationale lors cette marche pacifique. Ayant respecté toute les exigences administratives et légales, cette marche de protestation contre le mauvais traitement réservé à ces professionnels de la santé avait pour objectif, entre autres, de rappeler au Gouvernement ainsi qu'au Président de la République le non-respect des engagements pris depuis le mois d'Août 2021, notamment les indemnités de transport et de logement qui avaient été négociées », réagissent également les mouvements citoyens dans un communiqué conjoint. 

Et d’ajouter:

« Au lieu de pouvoir exprimer librement leurs droits de manifester et de s'exprimer, nous avons constaté avec colère que la marche s'est transformée en une scène de chaos ou les agents de l'ordre censés encadrer cette action se sont permis de violenter, tabasser et gazer ceux dont la vie est un sacrifice pour les autres », .

Nous rappelons que cette barbarie dont les policiers sont auteurs et qu'on observe à Kinshasa, mais également dans le reste du pays est un cas illustratif de l'arbitraire de la répression policière encouragée par l'impunité pour les crimes commis par les éléments de la police d'une part et de l'autre part, l'inefficacité du commissaire adjoint Kasongo ».

Ces mouvements citoyens dont Filimbi et la LUCHA saluent « la force et la détermination des médecins décidés de retrouver leur dignité en tant que travailleurs ». Ils rappellent 

aux députés nationaux la nécessité de faire de cette session parlementaire une réelle opportunité de réduction du train de vie des institutions afin de mieux redistribuer les richesses nationales. Ils exigent aussi une enquête judiciaire indépendante et des sanctions exemplaires contre les auteurs de la répression.

Ils annoncent par ailleurs qu’ils prendront part aux côtés des médecins des services publics et des prestataires commis à la riposte contre la Covid-19 à toutes les actions visant à restaurer la dignité de ces professionnels de santé et de leurs dépendants. Ceux-ci souffrant d'arriérés de primes de 12 mois ». 

Du côté du gouvernement, Véronique Kilumba Nkulu, Vice-ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévention a fait savoir vendredi que les questions de divergences entre le gouvernement et le ban syndical notamment les frais de transport et logement des médecins seront au centre du prochain atelier d'harmonisation entre le gouvernement - ban syndical.