La ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, actuellement sous contrôle de la rébellion de l'AFC/M23, a été la cible de frappes de drones des Forces armées de la République démocratique du Congo. C’est ce qu’ont révélé tôt ce mercredi 11 mars 2026 les dirigeants de ce mouvement rebelle, qui contrôle également de vastes pans des provinces du Nord et du Sud-Kivu.
Selon un bilan provisoire communiqué par la rébellion, un bilan provisoire de trois morts est enregistré.
Bertrand Bisimwa, coordonnateur adjoint de la rébellion de l'AFC/M23 qui pointe du doigt le régime de Tshisekedi comme responsable de l’attaque de la ville de Goma par drones, déplore le silence des partenaires internationaux impliqués dans les processus de médiation face à l’attitude de Kinshasa, qui, selon lui, a décidé de violer le cessez-le-feu.
"En ce moment, la ville de Goma est attaquée par des drones du régime de Kinshasa. Cette nouvelle escalade de la violence nous imposée par Kinshasa s'inscrit dans sa logique de violation permanente du cessez-le-feu au silence étonnant des partenaires du processus de paix", a-t-il dénoncé dans un message sur X.
Bien avant ces incidents qui touchent désormais la ville de Goma, dans une déclaration conjointe rendue publique jeudi 5 mars, la Belgique, le Danemark, l’Union européenne, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni et les États-Unis d’Amérique ont exprimé leur profonde inquiétude face aux violations récentes et continues des cessez-le-feu dans l’Est de la RDC. Ces cessez-le-feu avaient été garantis par la signature des Accords de Washington le 4 décembre 2025 et par l’engagement pris à Doha le 19 juillet 2025 en faveur d’un cessez-le-feu permanent et d’une cessation définitive des hostilités.
Selon ces États, ainsi que l’Union européenne et les États-Unis d’Amérique, membres du Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs (GCI), présidé par la Suède, ces violations incluent notamment l’utilisation de drones lors d’attaques militaires, mettant gravement en danger les populations civiles. Toutes les parties concernées doivent, selon eux, s’engager de toute urgence et sans ambiguïté à cesser les hostilités et à reprendre les négociations. Ils estiment par ailleurs qu’il ne peut y avoir de solution militaire à ce conflit.
Sur la scène internationale, les initiatives diplomatiques, notamment les processus de Washington et de Doha, appuyés par l’Union africaine, progressent sur le papier mais peinent encore à produire des résultats concrets sur le terrain, dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’entre Kinshasa et l’AFC/M23.
Clément MUAMBA