Les Etats-Unis ont signé avec la République démocratique du Congo (RDC) un mémorandum d’entente (MOU) de coopération sanitaire d’un montant total de 1,2 milliard de dollars sur cinq ans. Selon le département d’Etat, cet accord applique concrètement les principes de la “America First Global Health Strategy”, publiée en septembre 2025.
Empêcher les épidémies d’atteindre les Etats-Unis
Première raison avancée dans la stratégie : la sécurité sanitaire américaine. Le document fixe pour objectif de détecter toute épidémie à potentiel pandémique “en sept jours” et de mobiliser une réponse “dans les 72 heures” pour la contenir à la source. Il souligne qu’en 2024, le continent africain a enregistré “plus de 100 flambées” épidémiques et identifie plusieurs zones d’Afrique subsaharienne comme présentant un risque élevé d’émergence de maladies infectieuses.
Le MOU signé avec Kinshasa prévoit la mise en place d’un système national intégré de surveillance et de riposte, incluant un réseau de laboratoires capable de détecter et d’investiguer une flambée en sept jours. Pour Washington, renforcer ces capacités en RDC vise à contenir les menaces infectieuses avant qu’elles ne se propagent à l’international.
Réformer une aide jugée trop coûteuse
Deuxième justification : la réforme d’un système que la stratégie qualifie d’“inefficient and wasteful”. Selon les chiffres cités, “moins de 40%” des financements d’assistance sanitaire iraient aux produits médicaux et aux soignants de première ligne, tandis que “60%” seraient absorbés par l’assistance technique, la gestion de programmes et les frais généraux.
La nouvelle doctrine repose sur des accords bilatéraux pluriannuels fixant des objectifs clairs et des mécanismes de suivi des performances. Les financements futurs peuvent être conditionnés au respect de ces engagements.
Exiger un co-investissement national
Troisième axe : mettre fin à ce que le document décrit comme une “culture of dependency”. La stratégie prévoit que les pays partenaires augmentent progressivement leur propre financement de la santé.
Dans le cas de la RDC, les Etats-Unis annoncent jusqu’à 900 millions de dollars d’assistance sur cinq ans, tandis que le gouvernement congolais s’engage à accroître ses dépenses nationales de santé de 300 millions de dollars sur la même période. Ce co-investissement est présenté comme un pas vers une plus grande “self-reliance” du système de santé congolais.
Renforcer une relation bilatérale stratégique
Enfin, la stratégie présente l’aide sanitaire comme un “mécanisme stratégique” permettant de renforcer les relations bilatérales et de faire contrepoids à la Chine, “en particulier en Afrique”, continent décrit comme stratégique en raison de sa croissance démographique, de la dynamique de ses économies et de ses ressources minérales critiques.
L’accord avec la RDC illustre cette approche : concentrer l’aide sur des pays jugés à la fois exposés aux maladies infectieuses et importants sur le plan stratégique, tout en inscrivant le financement dans un cadre bilatéral formalisé.
Selon le document de stratégie américain, l’investissement de 1,2 milliard de dollars en RDC vise à protéger les Etats-Unis contre les menaces épidémiques, à rationaliser l’aide extérieure en la rendant plus axée sur les résultats, et à encourager une plus grande autonomie financière des pays partenaires.