Le Cadastre minier (CAMI), un service public qualifié de porte d’entrée dans le secteur des mines en République démocratique du Congo, a tenu ce jeudi 29 octobre 2026 à Kinshasa sa 5e édition du café de presse, un exercice de redevabilité avec les professionnels des médias et autres spécialistes du secteur minier.
Tour à tour, des responsables de différents services, avec à leur tête le CAMI, ont exposé sur le potentiel minier de la RDC, l’assainissement du fichier cadastral, la relance de la production minière de l’or, ainsi que l’intelligence artificielle dans l’exploration.
Dans sa présentation, Popol Mabolia Yenga, Directeur général du CAMI, a dressé le bilan positif de son action à la tête du service sur le plan financier, administratif et technique. Le tout, dans la logique des orientations du conseil d’administration. C’est ainsi que les équipes ont été déployées dans les provinces pour différentes tâches.
Le CAMI a également annoncé avoir amélioré les chaînes cartographiques, la dématérialisation des données, ainsi que l’assainissement du fichier cadastral.
Le CAMI a travaillé également à l’amélioration des conditions de vie des agents, par l’acquisition d’un nouvel immeuble et la signature de contrats d’assurance, notamment avec la Sonas pour fiabiliser le montant de la sortie des agents. D’autres contrats sont en cours avec Rawsûr pour l’assurance des agents ainsi que celle des bâtiments.
Sur le plan technique, le CAMI a accéléré la sécurisation des titres miniers, pour résoudre les problèmes de faux documents.
Le Service géologique national mise sur les études géophysiques
Pour sa part, Adelard Joël Ngoy Tuvuvu, Directeur général adjoint du Service géologique national, a rappelé le rôle de ce service à caractère technique et scientifique, créé en 2017 pour faire le travail des recherches géologiques de base.
Il est également revenu sur le bien-fondé des études géophysiques. Selon lui, la plupart des gisements n’étaient pas découverts sur le sol ou en faible profondeur, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, où les grands gisements sont trouvés en profondeur, raison pour laquelle il a recommandé les études géophysiques.
Parmi les études déjà réalisées par son service, il a évoqué notamment les recherches de X Calibur, qui a travaillé dans le Kasaï, le Katanga et l’Équateur. Entre 2026 et 2029, le nouveau contrat avec X Calibur va permettre de couvrir les blocs du Kongo-Central, du Kwango, du Kasaï et du grand Katanga.
Le CEEC renforce ses capacités de certification des minerais
Pour sa part, Freddy Mwamba Kanyiku, directeur général du Centre d’expertise d’évaluation et de certification (CEEC), est revenu sur ce que réalise ce service public, à savoir la certification et la mise en place des mécanismes, des procédures et des procédés pour arriver à déterminer les caractéristiques des minerais exportables.
Selon lui, le CEEC a mis en place plusieurs laboratoires pour arriver à faire la géochimie, la géophysique, et réaliser des tests d’orientation et aussi l’environnement.
La Sokimo veut redevenir un opérateur minier performant
L’autre intervenant du jour, c’est Michel Tshimbayi, Directeur financier de la Sokimo. Selon lui, la Direction générale ambitionne de repositionner la société comme opérateur minier performant, capable de développer par ses fonds propres sa propre production.
Pour y arriver, la société s’attèle à un plan de relance quinquennal, axé sur 6 axes, à savoir l’assainissement du passif, le renforcement du contrôle et le fonctionnement des structures internes ; le déploiement des travaux géologiques afin de documenter et certifier les titres miniers ; la rationalisation de la gouvernance interne ; la révision des partenaires et la recherche de partenaires viables ; et la relance de la production industrielle.
Kobold Metals mise sur l’intelligence artificielle pour l’exploration
Enfin, Benjamin Katabuka, directeur général de Kobold Metals, une entreprise minière soutenue par des milliardaires comme Bill Gates et Jeff Bezos, et spécialisée dans l’exploration minière grâce aux technologies les plus avancées, a exposé autour de la combinaison de l’intelligence humaine avec l’intelligence artificielle dans les travaux d’exploration.
Selon lui, Kobold a fait un travail énorme de digitalisation des données géologiques historiques, avec le concours de l’Université de Lubumbashi. Les données ont d’abord été digitalisées avec l’aide de l’IA, a expliqué Benjamin Katabuka.
Kobold Metals est donc convaincu que l’exploration avec l’intelligence artificielle va permettre de découvrir les gisements en profondeur, ce qui prend du temps.
Après les exposés est venue ensuite la séance des questions-réponses avec les journalistes et d’autres acteurs présents.
Bruno Nsaka