La troisième phase de distribution de l’assistance alimentaire du Programme alimentaire mondial (PAM) s’est clôturée ce mardi 28 octobre à Lubero-Centre, dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu. Au total, 7 178 ménages sur les 7 667 initialement attendus ont bénéficié de cette intervention humanitaire destinée aux personnes déplacées et aux familles d’accueil vulnérables.
Lancée le 16 octobre au stade Tata Mulyata et mise en œuvre avec l’appui de Caritas Butembo-Beni, cette opération a concerné les bénéficiaires des aires de santé de Lubero-Cité, Kasala, Kavetya et Mulo.
À l’issue de cette distribution, plusieurs bénéficiaires ont exprimé leur satisfaction, soulignant l’importance de cette assistance dans un contexte marqué par les difficultés d’accès à la nourriture et la baisse de la production agricole. Les denrées reçues, notamment la farine de maïs, devraient contribuer à couvrir les besoins alimentaires des ménages et à alléger leurs difficultés quotidiennes.
Cette troisième phase marque la clôture de la caravane humanitaire du PAM pour l’année 2026 dans le territoire de Lubero. Au cours de cette année, trois grandes opérations de distribution ont été organisées à Lubero-Centre, Kimbulu et Njiapanda-Manguredjipa, couvrant au total dix mois de rations alimentaires.
Le PAM indique que chaque ménage bénéficiaire a reçu une ration composée de céréales, de légumineuses, de farine de maïs, d’huile végétale et de sel. Un dispositif nutritionnel à base de Plumpy’Doz a également été prévu pour contribuer à la prévention de la malnutrition chez les enfants.
Une assistance dans un contexte d'insécurité alimentaire persistante
Cette assistance d’urgence, mise en place depuis 2022, vise à répondre à l’insécurité alimentaire aiguë provoquée notamment par l’afflux de personnes déplacées fuyant les violences liées à l’avancée des rebelles du FRN et à l’activisme des islamistes ADF dans la région de Beni-Lubero.
À l’échelle de l’Est de la RDC, le PAM continue également d'alerter sur les besoins alimentaires des populations affectées par les conflits et l’épidémie d’Ebola. Dans un communiqué le 23 octobre, l’agence onusienne a indiqué avoir besoin de 214 millions USD au cours des six prochains mois pour poursuivre ses interventions auprès des populations vulnérables.
Selon le PAM, près de 3,5 millions de personnes vivant dans les zones touchées par Ebola sont confrontées à une insécurité alimentaire de niveau crise ou pire, correspondant à la phase 3 ou à un niveau supérieur de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire (IPC). Parmi les personnes directement affectées par l’épidémie, 97 % ont encore besoin d’une assistance alimentaire.
L’agence explique que cette aide vise notamment à éviter que les familles ne quittent les centres de traitement ou les lieux d’isolement à la recherche de nourriture, au risque de compromettre leur prise en charge sanitaire.
Depuis le début de ses interventions liées à cette crise, le PAM affirme avoir distribué plus de 744 000 repas chauds dans 59 structures de traitement et d’isolement, ainsi que plus de 3 000 tonnes de denrées alimentaires aux familles des patients.
Sur les 214 millions USD recherchés, 78,6 millions sont destinés aux repas chauds et aux rations sèches pour les personnes directement touchées par Ebola et leurs familles. Le financement doit également soutenir les opérations logistiques, les télécommunications, les vols humanitaires et les infrastructures nécessaires à la riposte.
Josué Mutanava, à Goma