La Première ministre, Judith Suminwa est attendue ce jeudi 28 octobre à l’Assemblée nationale pour présenter le projet de loi de finances de l'exercice 2027. Cet exercice réglementaire et légal intervient quelques semaines après le dépôt de ce texte important pour le fonctionnement du pays, le 15 septembre dernier, date de l’ouverture de la session ordinaire de septembre 2026. La cheffe du gouvernement revient devant la représentation nationale avec un nouveau texte qui détermine les ressources et les charges de l’État pour le prochain exercice.
Présenté en équilibre, en recettes et en dépenses, à hauteur de 56 930 milliards de francs congolais, soit environ 24,8 milliards USD, le budget de l’État connaît un accroissement de près de 12 % par rapport au budget rectificatif de l’exercice 2026. Une fois réalisé, ce budget permettra au pays d’atteindre pour la première fois le triple des prévisions réalisées au début du premier quinquennat de Félix Antoine Tshisekedi, selon la Primature.
Baptisé « budget d’action et de souveraineté », il s’articule autour de trois orientations majeures : préserver la souveraineté du pays, soutenir le développement et renforcer l’efficacité de l’action publique. C’est pourquoi la défense de l’intégrité territoriale, la sécurité des populations et la recherche d’une paix durable occupent une place centrale dans les priorités présentées.
Dans ce projet de loi, le gouvernement Suminwa a également prévu d’accroître les investissements dans l’agriculture, les infrastructures et les services sociaux de base, afin de développer la production nationale, de favoriser la création d’emplois et d’améliorer les conditions de vie des populations.
D’après la Primature, les allocations du budget général sont regroupées autour des piliers suivants: créer plus d’emplois et protéger le pouvoir d’achat des ménages ; protéger le territoire national et sécuriser les personnes et leurs biens ; aménager le territoire national en vue d’une connectivité maximale ; garantir l’accès aux services sociaux de base ; renforcer l’efficacité des services publics ; et gérer durablement et de manière responsable l’écosystème face aux changements climatiques.
Parmi les particularités du budget 2027 figure l’accent mis sur l’éducation. Les ressources allouées à ce secteur permettront de consolider la mesure de gratuité de l’enseignement primaire et de soutenir son extension aux 7e et 8e années de l’éducation de base dès l’année scolaire 2027-2028. Ces ressources appuieront également la construction, la réhabilitation et l’équipement des écoles, la formation des enseignants, la prise en charge salariale de nouvelles unités ainsi que le départ à la retraite des enseignants remplissant les conditions requises. En outre, dans le domaine de la santé, des fonds conséquents sont également alloués à l’extension de la couverture santé universelle, à la gratuité des accouchements, aux soins maternels et néonatals, ainsi qu’à la riposte aux épidémies;
Les autres traits distinctifs du budget 2027 concernent les prévisions, sur ressources propres, destinées à faire face aux dépenses exceptionnelles liées aux initiatives de souveraineté, notamment les dépenses sécuritaires, la provision pour les élections, les opérations de recensement et d’identification de la population, ainsi que l’organisation du dialogue national pour la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’État. Ce processus devrait débuter par des consultations citoyennes dans les 26 provinces du pays.
Il sied de signaler que le projet de budget de l’exercice 2027 ambitionne de traduire les engagements du gouvernement en allocations budgétaires et reflète les ambitions de l’action gouvernementale, telles que déclinées dans les six piliers du Programme d’actions du gouvernement (PAG 2024-2028), ces engagements inspirés des engagements du président de la République pour son deuxième quinquennat et adoptés au niveau de l’Assemblée nationale.
Clément MUAMBA